Charlotte Perriand X Les Arcs - Exposition chez Maison Verrsen

Du 14 décembre 2018 au 25 février 2019
Maison Verrsen

Anthony Vergne s’est installé il y a maintenant un an à Paul Bert Serpette. Chinant depuis plus de 20 ans, c’est tout naturellement qu’il a été amené à revendre des objets afin d’assouvir son besoin de collection. Depuis l’ouverture de sa galerie, la Maison Verrsen, Anthony nous a confié qu’il ressentait l’envie de présenter quelque chose de nouveau. Son projet se réalise grâce à cette exposition qui se tiendra jusqu’en février, alliant ses deux passions, la montagne et le mobilier d’architecte.

Quelle est la genèse de cette exposition ?

Etant un grand passionné de montagne et de mobilier d’architecte, le travail de Charlotte Perriand s’est donc imposé à moi comme une évidence. Pratiquant le ski libre et la randonnée cette architecte et designeuse a toujours été proche de cet univers.
Ce Noël 2018, nous fêtons le 50ème anniversaire du projet architectural des Arcs. Cela fait longtemps que je collecte des pièces provenant de cet ensemble et je les gardais précieusement afin d’en rassembler davantage. J’attendais également le bon moment pour les montrer.

Quelle est l’histoire du projet des Arcs ?

Le projet des Arcs a débuté au milieu des années 1960. C’est par le biais de Roger Godino, le promoteur, Gaston Regairaz et Guy Rey-Millet de l’Atelier d’Architecture en Montagne que Charlotte Perriand intègre l’équipe en 1967, et commence à remanier les premiers dessins. Charlotte Perriand a travaillé sur ce projet entre 64 et 86 ans. Elle était chargée de l’architecture et de l’aménagement intérieur de ce colossal projet qui compte plus de 20 000 lits.
C’est au moment de Noël 1968 que se fait l’ouverture de l’hôtel et de la résidence des Trois Arcs. Le but était d’inaugurer une résidence chaque Noël des années suivantes. Ce projet est une synthèse de tout ce qu’avait fait Charlotte Perriand durant sa vie. Les réalisations des Arcs font figure d’œuvre de maturité car on y retrouve les concepts qu’elle avait élaborés notamment durant sa collaboration avec Le Corbusier mais également pendant ses années de travail sur le Japon.

Quelle était la vision de Charlotte Perriand pour ce projet ?

Pour Charlotte Perriand, la nature devait être mêlée à l’habitation. Le grand principe de ce projet était de réduire l’impact de construction sur ce site de montagne et de laisser l’espace le plus vierge possible en concentrant toutes les résidences et en épousant le terrain. Fut donc mené un incroyable travail de réflexion et de réalisation.
Charlotte Perriand élabore dans ces immeubles de véritables cellules d’habitation, à l’instar de celles réalisées par Le Corbusier à la Cité Radieuse. Elle y applique le système du modulor afin d’adapter tout son mobilier à une échelle humaine, et ainsi donner une impression d’espace. Les meubles sont d’une grande simplicité, avec toujours un petit détail leur conférant une certaine poésie.
L’aménagement des pièces est constitué de meubles que Charlotte Perriand avait déjà réalisés. On y retrouve des tables et des bars aux formes libres, avec de belles épaisseurs de mélèze et de sapin.

Parlez-nous des meubles qui sont exposés

Je présente une tête de lit provenant de la résidence La Nova à Arcs 1800. Elle est très intéressante car avec ses caillebotis, on voit une vraie corrélation avec les balcons de la Cité Radieuse.
Sont exposés des buffets suspendus qui sont très graphiques et qui font penser à des œuvres de Mondrian.
J’ai également des appliques remarquables par la simplicité du métal plié. On les retrouve déjà au tout début dans son chalet qu’elle avait fait construire à Méribel. Elles ont été déclinées en plusieurs couleurs.
Mes pièces ont des provenances intéressantes, j’aime avoir l’histoire des gens autour du mobilier. Mettre en avant et sauvegarder ce patrimoine me tient particulièrement à cœur.

Adresse

Maison Verrsen stand 232 allée 6 Paul Bert