Thibauld Mazire

Du 23 mai au 24 juin 2019
Tésors Bruts stand 22 allée 1 Paul Bert

Thibauld Mazire, né en 1970, est diplômé en 1991 des Métiers d’art (laque) de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués Olivier de Serres à Paris. Il enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués Olivier de Serres depuis 1999.
Président de l’association LAC (laqueurs associés pour la création), il participe à de nombreuses expositions à Paris et en province, ainsi qu’au Japon, où son travail a été récompensé par le prix « The Japan Paintmakers Association, Chairman Prize » à l’occasion de l’exposition « The Ishikawa international urushi design competition 96 » (Concours international de laque d’Ishikawa 96) à Kanasawa.
Il a d’ailleurs participé comme jury au concours « The Ishikawa international urushi design competition 2005 » (Concours international de laque d’Ishikawa 2005) à Kanasawa au Japon et a été présent sur deux sessions de MAC 2000 en 2007 et 2008.
 
Comme beaucoup d’artistes de sa génération, Thibauld Mazire a d’abord emprunté la voie de l’abstraction, l’alliance d’un geste large et d’une facture précise, de couleurs chaudes et de brillances tirées de la laque et du métal. « Abstraction lyrique », pour emprunter une formule que le peintre George Mathieu appliquait aux toiles de grand format qui firent sensation dans les années soixante, cet apogée de la Ve République.
Depuis quelques années, la recherche de Thibauld prend une nouvelle direction, avec un retour à la figure, qui peut être paysage, architecture ou forme humaine. Par le biais de la technique du transfert photographique, le laqueur fait entrer le réel dans l’imaginaire, sans pour autant qu’il y ait chez lui une quelconque intention de réalisme.
Les dernières séries qu’il livre à notre examen participent de cette inspiration. Elles offrent, dans une palette assourdie, des paysages de montagnes, de collines et de bords de mer, des ciels laiteux ou menaçants dont l’orage n’est pas loin.
Paysages sombres et rêveurs, parfois animés de silhouettes noires, et qui tendent à l’abstraction : du rêve à la réalité, ce qui compte, ce sont de subtils effets de lumière, qui ne cessent d’explorer les ressources de la laque, ses infinies possibilités.
Thibauld Mazire utilise des vernis nouvelle génération dits « hydrosolubles » disponibles sur le marché. Proches de l’acrylique, solubles dans l’eau, ils s’inscrivent dans le souci de préserver l’environnement par une diminution des composés organiques volatils (COV) limitant fortement l’utilisation de solvants lourds. Les vernis « hydrosolubles » ont la qualité d’être extrêmement translucides, non jaunissants, permettant une utilisation de teinte très claire jusqu’au blanc pur, peu traditionnel dans la laque.
La réalisation commence par la préparation du support, une planche de bois poncé ou le marouflage d’un papier remplace l’apprêtage traditionnel, avec dans certains cas un tirage jet d’encre d’une photographie. Les couches de vernis chargés de pigment puis de glacis (vernis teintés de couleurs translucides) apportent par stratification les jeux de matières et de transparence. Chaque couche poncée confère la qualité de profondeur. La pose de feuille de métal, argent ou or, apporte un éclat lumineux. La finition est obtenue par la pose de plusieurs couches d’un vernis volontairement conservé satiné.