Bruno le Yaouanc, un marchand shabby chic

Le style shabby chic à Paul Bert Serpette ? Vous le trouverez chez Bruno le Yaouanc.
C’est avec une grande sensibilité et un regard rieur que ce marchand nous parle de ses « meubles émotion ». Patines blanches et belles courbes, entre les mains de Bruno le Yaouanc, les meubles deviennent objets de contemplation…

Qu’est ce qui vous a amené à faire ce métier ?

Ce sont les hasards de la vie qui m’ont amené aux puces il y a 20 ans. Avant cela, je travaillais dans la pub, j’étais déjà quelqu’un de créatif. Pour faire ce métier-là, il faut avant tout de la sensibilité, et je pense que c’est quelque chose d’inné.
Je n’ai jamais été baigné dans l’antiquité et cela ne m’intéressait pas. Aujourd’hui, c’est toujours le cas, je ne vends pas d’antiquités mais du caractère. Je n’aime que le charme.

Quelle est votre spécialité ?

Je suis spécialisé dans le style shabby chic. Je chine des meubles et je leur donne une seconde vie. J’achète les pièces avant tout pour leurs formes et pour leurs bois. Je leur donne toujours cet aspect blanchi. Ce sont des meubles pas trop chers et qui ont un peu d’esprit, ils sont parfaits pour les maisons de campagne ou de bord de mer. Je les vends beaucoup à l’exportation.

Comment choisissez-vous vos pièces ?

Je n’ai pas de sensibilité particulière pour une période, du 18ème au 20ème, j’achète ce que j’aime, sans ambiguïté. J’aime les meubles émotion. Les meubles pour ce qu’ils sont ne m’intéressent pas, il faut qu’ils me procurent une émotion sinon cela ne sert à rien. Quand je vois un meuble, je veux pouvoir le regarder comme un tableau, cela me donne envie de continuer à travailler.
Beaucoup de gens achètent des meubles pour leur valeur, un peu comme à la bourse, ce n’est pas ma façon de penser. Le meuble doit rester quelque chose de secondaire mais qui doit procurer tout de même un peu de plaisir.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Pour moi, Paul Bert Serpette est une certaine folie. C’est un peu comme une drogue, quand on a goûté à ce marché on devient accro à ses allées, à ses gens et à leurs multiples personnalités. C’est un ensemble qui fait que l’on reste attaché à cet endroit. Les marchands sont des gens qui ont des parcours atypiques, ici c’est un peu le monde de la nuit mais en pleine journée.
D’autre part, nous avons des clients de haut niveau avec de fortes exigences, qui viennent à Paul Bert Serpette pour acheter des pièces qu’ils ne trouveront pas ailleurs.

Quelle pièce de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

Il n’y a jamais une pièce qui ressort, j’aime absolument tout ce qui se trouve sur mon stand, donc la pièce que je souhaite mettre en avant, c’est moi. Sans moi, les pièces n’existent pas. Je ne peux pas me permettre de dire que j’aime un meuble plus qu’un autre, cela ne serait pas correct vis-à-vis de mes clients qui pourraient se dire que je n’aime pas ce que je leur ai vendu.