Interview : Arnaud Volfinger et Katia Apelbaum

Installés au cœur du Marché Serpette depuis 20 ans, ce couple d’antiquaires partage avec les visiteurs leur passion pour les lignes épurées et les bois nobles des grands designers scandinaves. Nous vous invitons à découvrir ce mobilier d’exception, dans un univers chaleureux et coloré.

Quel est votre parcours ?

Katia est issue d’une famille de marchands, depuis 3 générations. Ses parents étaient marchands d’estampes au Marché Biron. Elle a donc commencé le métier avec eux dans ce domaine. En 1998, elle est arrivée à Serpette puis en 2000 s’est installée à son compte. Elle ne vendait alors que de l’estampe, puis a évolué vers le dessin, puis vers la photographie. Quant à moi, je ne viens pas du tout de ce milieu. Vivant avec Katia, et l’accompagnant sur les déballages, je trouvais ce métier magique. Il y avait un côté chasse aux trésors. J’ai été amené vers le mobilier scandinave dès le début des années 2000, via l’oncle de Katia qui en vendait au Marché Vernaison. Je me suis formé à ses côtés durant une petite année. En 2003, nous avons pris le petit stand 23 à Serpette. Il n’y avait à l’époque dans ce marché aucun meuble scandinave et nous sommes arrivés avec nos bouts de canapés en cuir, nos enfilades et nos bureaux. Nous étions mordus de cela et ne chinions alors que du scandinave.

Qu’est-ce qui vous plait dans le mobilier scandinave ?

Quand j’ai découvert le mobilier scandinave, cela m’a tout de suite parlé et j’ai commencé à me documenter sur les grands designers. J’aime les lignes épurées, les bois de qualité. Si l’on prend la peine de regarder sous les beaux meubles, on y découvre un montage magnifique. Les pays scandinaves n’ont pas subi les difficultés de la seconde guerre mondiale contrairement aux français et aux italiens, ce qui induit qu’au sortir de la guerre ils étaient en avance. J’aime aussi la philosophie de la transmission qu’ont les grands designers scandinaves.

Comment envisagez-vous votre métier d’antiquaire ?

Nous avons vite vu qu’à Serpette, il y avait une clientèle haut de gamme et connaisseuse qui nous permettait de présenter des objets d’un certain niveau.

Aujourd’hui, nous mélangeons les styles. Nous avons toujours essayé de garder notre identité, mais nous mixons les genres. Nous exposons également quelques pièces d’artistes contemporains, nous créons des ambiances, c’est aussi la combinaison de nos deux spécialités. Nous ne savons pas faire un stand avec des murs vides.

Le métier d’antiquaire n’est plus du tout ce qu’il était. Les clients sont beaucoup moins attachés au nom du designer derrière un meuble et s’attachent davantage à une tendance. Toutes les connaissances que nous avons ne suffisent plus, il faut donner envie et créer des mises en scène.

Quel est l’objet de votre stand que vous souhaitez mettre en avant ?

Nous venons de recevoir un superbe fauteuil de Hans Wegner, édité chez PP Mobler. C’est une première édition qui a été faite en 1986. On y retrouve toute la science de Wegner, les arrondis, le travail de la corde, les courbes… C’est un magnifique travail d’ébénisterie et de design. Le modèle s’appelle « The Hoop », car il est constitué d’un grand cerceau sur lequel rien n’est droit. C’est très typique de son travail. Si l’on regarde ses pièces des années 50, on retrouve des lignes qui ne sont jamais droites, il y a toujours un petit mouvement d’arrondi. Ce fauteuil est un travail assez tardif, ce n’est pas ce que l’on connait le plus de Wegner, mais on retrouve toutes les grandes lignes de son travail.