Interview : Carole Borraz

Dans son Edition d’octobre, Elle Décoration consacre un reportage à Carole Borraz, suite à un chantier « carte blanche » qu’elle vient d’achever dans un appartement du 7e arrondissement de Paris. Nous sommes allés rencontrer cette marchande, (re)-installée à Paul Bert Serpette depuis cet été, avant tout antiquaire, mais qui aime accompagner ses clients dans la décoration de leurs intérieurs.

Parlez-nous de votre parcours

Le métier d’antiquaire a d’abord été une vocation. Je me suis dirigée vers des études d’histoire de l’art. Après un diplôme de l’Ecole du Louvre, j’ai commencé mon métier à Paul Bert dans l’allée 3 avec un stand qui s’est appelé Potron Minet. Par la suite, j’ai eu la chance de pouvoir exercer dans un lieu qui m’avait toujours fasciné. C’était une petite galerie de la rive gauche qui était un lieu connu des professionnels car il était tenu par un scénographe antiquaire. J’ai fait vivre ce lieu durant 15 années. Je viens de le quitter pour revenir à Paul Bert Serpette.

Pourquoi avoir fait le choix de revenir à Paul Bert Serpette ?

Tout d’abord parce que Paul Bert Serpette a été mon lieu de formation après mes études et j’en ai gardé de très bons souvenirs. Ensuite car je voulais poursuivre en ayant une relation avec les autres marchands. Je ne voulais plus exercer le métier de façon solitaire, comme on peut le faire dans une boutique. Ce n’était plus stimulant pour moi. Le besoin de me renouveler et de tourner une page s’est fait ressentir. Paul Bert Serpette est l’endroit idéal pour être en émulation d’inspiration, de goût, et pour continuer à apprendre.

Présentez-nous votre stand

Peu de pièces sont présentées sur mon stand d’une semaine sur l’autre. Je montre en premier lieu ce qui me plait, ce sont des choix de cœur. Je n’aimerais pas être définie par une période. Je peux avoir des pièces du XXème et pour autant ne pas renoncer à un portrait du XVIIème ou à un bureau italien des années 1950. Ce sont des choix d’inspiration et une volonté de mettre les pièces en relation. J’aime que les objets dialoguent. On peut dire que je suis spécialisée dans l’éclectisme, c’est presque une définition à l’envers.

Quel objet de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

C’est une importante coupe décorative du XIXème siècle que je viens de chiner. Ça été un véritable coup de foudre, une rencontre esthétique. C’est un assemblage, j’aime beaucoup le contraste des matériaux et des styles. D’un côté le travail de la terre cuite néoclassique avec un décor de feuilles d’acanthe et bélier qui fait référence à l’antiquité, et de l’autre l’Arte Povera car elle est en partie en ciment. Elle a été polychrome.