Interview : François-Xavier Chamagne

Installé depuis maintenant 4 ans, ce jeune marchand a su faire sa place au cœur du Marché Serpette. François Xavier Chamagne présente sur son stand, un large choix d’objets du XXème siècle qu’il choisit consciencieusement, sans pour autant renier son amour premier pour l’Art Nouveau.

Quel est votre parcours ?

Dès l’âge de 19 ans, j’ai été amené au métier d’antiquaire grâce au compagnon de ma mère qui était lui-même marchand. Je l’accompagnais dans les musées, cela m’intéressait beaucoup. Je me suis donc lancé avec lui car il était prêt à m’accompagner dans ma formation. J’ai étudié pendant un an à Christie’s Education, puis j’ai commencé à travailler avec mon beau-père. Au départ, mon travail était essentiellement concentré sur la documentation. Nous avons travaillé ensemble durant 7 années puis, d’un commun accord, nous avons arrêté et je me suis lancé seul en travaillant directement avec les marchands en faisant du courtage. J’ai ensuite décidé de prendre un stand à Serpette. J’y suis maintenant installé depuis 4 ans.

Quelle est votre spécialité ?

A la base je suis plutôt spécialisé dans l’Art Nouveau puis je me suis intéressé au XXème siècle dans sa globalité. J’évolue maintenant davantage dans un univers années 70. Je présente tous types d’objets, sculptures, mobilier, tableaux… Je choisis mes pièces tout d’abord par goût, puis pour leur qualité et pour ce qu’elles représentent au sein de leur époque. Ce qui m’intéresse, c’est avant tout la beauté de l’objet, parfois plus que la réalité du marché. J’essaie d’acheter ce qui me plaît mais malgré tout, j’essaie de choisir des pièces avec une belle qualité intrinsèque, et qui restent cohérentes avec les styles dictés par la mode.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Pour moi Paul Bert Serpette constitue l’élite des marchés des Puces. C’est le marché le plus important et c’est ici que se trouvent les meilleurs marchands. J’ai fait le choix de m’installer ici par rapport à la qualité des marchands et de l’ensemble des pièces qui y sont présentées.

Comment envisagez-vous le métier d’antiquaire ?

C’est un métier qui a énormément changé. Il est plus compliqué aujourd’hui d’avoir des certitudes comme on pouvait en avoir avant. Il faut être d’autant plus consciencieux à l’achat et essayer d’avoir des critères de sélection pointus. Nous devons être exigeants dans nos choix car la concurrence est de plus en plus importante. Nous nous devons de faire un travail de recherche sur les pièces car les clients sont de plus en plus connaisseurs.

Quel est la pièce de votre stand que vous souhaitez mettre en avant ?

 J’ai cette très belle lampe en terre cuite de Guy Bareff. Son travail a été redécouvert il y a quelques années. Cette pièce a été réalisée dans les années 1960. Elle est très intéressante car elle est importante en taille par rapport à ce qu’il avait l’habitude de réaliser. Elle est sur trois étages, ce qui est rare, et possède une patine assez exceptionnelle car elle est restée en extérieur durant des années.

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