Interview : Julien Segard - Stand 26 allée 1 Paul Bert Stand 26 allée 5 Serpette

© Sonia Sieff
© Sonia Sieff

Marchand sensible et chineur assidu, c’est au travers du contact avec les objets et les gens que Julien Segard se révèle. Sur ses deux stands, découvrez une sélection pointue de pièces de grands designers du XXème siècle qui sans cesse vous réservera des surprises…

Quel est votre parcours ? 

J’ai d’abord fait l’Ecole Hôtelière, ce qui n’a rien à voir, puis j’ai tout de suite travaillé dans l’événementiel. J’ai intégré une grosse société pour laquelle j’ai été amené à décorer des salons professionnels et des événements. Nous avions une filiale de location d’antiquités, qui m’a permis de découvrir cet univers dans son immense entrepôt rempli de pièces du monde entier et de toutes époques. Au début des années 2000, j’ai commencé au sein même de cette entreprise, à acheter des pièces que je revendais sur Ebay. Au bout de 6 ou 7 ans, j’ai décidé de me lancer seul en commençant à faire des déballages dans les rues de Paris. Rapidement, je suis arrivé aux Puces où ma manière de travailler a changé. Au lieu d’acheter des grandes quantités de mobilier, je me suis concentré sur des pièces plus importantes. Je suis arrivé à Serpette directement car un de mes amis qui y était installé m’a invité à venir prendre un stand avec lui. Je me suis aperçu que le marché Serpette était un marché haut de gamme et que j’avais tout à apprendre. Après 6 mois, je suis parti pour aller me former au métier au marché Jules Valles. Je me suis ensuite installé à Paul Bert où j’ai partagé un stand de 12m2, puis j’ai pris un stand tout seul. Aux Puces, j’ai beaucoup appris, en travaillant dur et en me levant tôt.

Comment envisagez-vous le métier d’antiquaire ?

J’ai choisi ce métier là car je suis quelqu’un qui aime bouger et voyager pour aller découvrir une autre marchandise et aller à la rencontre des gens. J’ai besoin de voir les objets, de les toucher, de les comprendre. C’est un métier dans lequel on ne cesse d’apprendre, ce qui est une grande valeur ajoutée. Les Puces sont pour moi le seul lieu de vente, j’ai complètement délaissé le net. Je pense qu’il faut vraiment être en direct avec les objets, c’est pour cela que je vais partout, que je me lève très tôt le matin pour aller chiner dans toutes les Puces et sur les déballages de province qui sont des grands lieux d’approvisionnement.

Quelle est votre spécialité ?

J’ai commencé par vendre des objets du XXème siècle, j’ai donc des affinités avec cette période, surtout les années 1940 à 1970, mais j’essaie de m’ouvrir à beaucoup d’autres choses. Au-delà de l’époque, je regarde surtout la qualité de l’objet et sa beauté. Si je le trouve d’une conception extraordinaire, je l’achète. Mes goûts ont évolué et aujourd’hui je n’achète plus du tout ce que j’achetais avant. Quand on chine, on peut être touché par toutes sortes de pièces. Dans ce métier certains objets nous procurent de réelles émotions et je suis parfois triste de voir partir des pièces. Je m’efforce depuis quelques temps de m’échapper de cela bien que ce soit parfois difficile. Ce qui est important dans la vie c’est de s’attacher aux gens, à la terre, mais pas au matériel.

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous installer à Paul Bert Serpette ?

Pour moi c’était important de venir ici car il y a quelque chose de particulier. C’est un marché à la fois charmant et haut de gamme. Je suis attaché à ce marché car j’y ai beaucoup appris. J’aime discuter avec les autres marchands, voir les nouveautés car j’achète beaucoup directement à Paul Bert Serpette. J’ai même appris que l’on pouvait acheter chez des marchands beaucoup plus importants que soi. Ici les antiquaires ont de très grandes connaissances, ce qui est très formateur et enrichissant.

Y a-t-il un objet de votre stand que vous souhaitez mettre en avant ?

J’ai récemment acquis un nécessaire à cheminée en fer battu des années 1940. Il représente un moine qui supporte la petite pelle, le balai, la pince à bûche. Je le trouve très amusant. C’est la première fois que je vois cet objet de ma vie. C’est tout à fait le type de pièce que je recherche. Cela fait partie des objets que l’on doit trouver aux Puces car on ne peut les trouver nulle part ailleurs. Les gens viennent ici pour trouver des objets incongrus. Cet aspect est essentiel au rayonnement du marché.