Interview : Pascal Lemoine, La Maison du Roy – Stands 1 et 2 allée 5 Serpette

Au détour des allées de Paul Bert Serpette, c’est une véritable invitation au voyage dans le temps que vous propose Pascal Lemoine. Entre Versailles et la Venise du XVIIIème siècle, entrez dans l’univers de ce boudoir baroque et chaleureux.

Quel est votre parcours ?

Au départ, j’avais un studio de graphisme. Je connais donc très bien le monde de la communication et plus particulièrement les domaines du cinéma et du théâtre. Parallèlement à cela, j’achetais beaucoup d’antiquités. J’aime tellement ces objets que j’ai fini par en posséder un peu trop. J’ai donc décidé de prendre un stand aux Puces, il y a maintenant plus de 20 ans, pour partager ma passion avec les amateurs.

Présentez-nous votre stand

Dans mon stand à Serpette sont présentés des objets baroques français et italiens des XVIIe et XVIIIe siècles. Le goût que j’essaie de transmettre n’est pas celui de l’appartement de nos grands-parents. Nous sommes ici dans une esthétique beaucoup plus chaude, plus proche de l’univers Vénitien et de Versailles. Ce stand est indissociable de la boutique parisienne du 24 passage Jouffroy dans le 9ème arrondissement, qui a été ouverte il y a 12 ans. A Paris, je présente des antiquités, mais également des créations d’artistes ayant un esprit baroque. En ce moment, il y a de nombreuses décorations de Noël. J’ai la volonté de donner au gens le goût d’un baroque revisité.

Pourquoi vous êtes-vous installé à Paul Bert Serpette ?

Je voulais être au plus près de l’endroit le plus actif et central. Paul Bert Serpette est au cœur de la découverte et de la chine. Nous avons énormément de décorateurs, d’amateurs et de marchands étrangers qui viennent chiner, ici.

Comment envisagez-vous le métier d’antiquaire ?

Ce métier est ma passion. Tous les objets que je vends, sont des pièces que je serais capable de garder. Je n’achète jamais quelque chose parce que ce n’est pas cher. Je ne fais aucune liaison entre mon achat et le bénéfice que je vais en tirer. Bien sûr, je n’oublie pas les réalités économiques mais J’achète l’objet avant tout parce qu’il me plait et que j’ai envie de le transmettre. Je continuerai tant que je vivrai à présenter ce type de pièce qui me passionnent. Par chance peut-être, j’ai beaucoup de clients qui ont les mêmes goûts que moi et qui viennent régulièrement depuis 20 ans. Je suis persuadé que les marchands qui présentent du classique ont encore un avenir certain devant eux, car il y a des découvertes tous les jours. Ce qui est à la mode est fait pour ne plus être à la mode. C’est un cycle. Régulièrement nous faisons des découvertes, dignes de musées et de grandes collections.

Quel est l’objet que vous souhaitez mettre en avant ?

J’ai un grand tabernacle d’époque Louis XVI. Il est en bois sculpté, doré et laqué, à décor d’imitation du marbre. En forme de bâtiment classique, il est surmonté d’un dôme entouré d’une galerie ornée de pot à feux. La façade en stuc doré représente la naissance de Jésus et est agrémentée de quatre colonnes détachées et deux niches latérales. A l’arrière, il ouvre par une petite porte.
Je l’ai chiné à Nice. C’est une pièce italienne et étant donné que Nice appartenait à l’Italie, je pense que ce tabernacle est toujours resté dans cette région.
L’aspect architecturale en fait une pièce incroyable. C’est une véritable église dans l’église. J’aime la façade représentant la naissance de Jésus, on a l’impression d’une vraie scène de théâtre.