Interview : Vanessa Rau nous ouvre les portes du Japon

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Vanessa Rau. Nourrie par la culture japonaise depuis sa plus tendre enfance, cette marchande passionnée nous ouvre les portes de son univers rempli de poésie et de délicatesse.

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Vanessa Rau, je vais avoir 38 ans et cela va faire 8 ans au 1er octobre que j’ai ouvert mon stand à Serpette. Je suis spécialisée dans le Japon toutes époques confondues.

Quel est votre parcours ?

Je suis diplômée d’une école de commerce puis d’un DESS en management international des arts et culture de la France.  J’ai ensuite travaillé pour les éditions Jacques Boulan, un éditeur d’art contemporain qui malheureusement n’existe plus. Nous travaillions avec des artistes comme Arman, Combas et Erro et nous faisions des éditions limitées d’estampes et de sculptures. J’étais en relation avec de nombreuses galeries d’Europe et passais mon temps à voyager. En 2007, je suis partie en Asie avec mon sac à dos et un visa vacances travail en poche. En fin de parcours je suis arrivée au Japon et y suis finalement restée 2 ans. J’avais dans l’idée de revenir et monter une galerie d’art contemporain et quand on s’intéresse à l’art contemporain japonais on est forcément obligés de s’intéresser à son histoire.

Quel type d’objets présentez-vous ?

Je présente plusieurs types d’objets (céramiques, mobilier, peintures, petits objets de collection), allant de l’antiquité au moderne et contemporain. Je ne présente que des objets coup de cœur. Pour pouvoir défendre des objets, il faut que je les aime. Je me rends compte que pour les clients c’est la même chose. C’est une rencontre entre un objet et une personne qui n’en sera que le locataire, car l’objet nous survit. La pièce a eu une histoire avant et en aura une après, c’est ce que j’aime dans ce métier. J’essaie d’avoir une gamme de prix très étendue pour inciter des jeunes à acheter et pour renouveler la clientèle en permanence. J’aime tenter d’initier le goût de la collection. Mes clients ont entre 20 et 90 ans.  Ce qui est amusant, c’est que je vends parfois à des antiquaires japonais des objets que j’ai chiné au Japon

D’où vous vient votre passion pour le Japon ?

Vous connaissez Club Dorothée ? On a mangé du dessin animé japonais et du code culturel japonais toute notre jeunesse. J’ai lu beaucoup de mangas. On y trouve énormément de références à la culture japonaises, à l’histoire, aux fêtes. Je trouve que le Japon est magique car quand on ouvre une porte, il y en a dix autres qui s’ouvrent derrière. On n’a jamais fini de creuser le sujet.

Pourquoi avez-vous choisi de vous installer à Paul Bert Serpette ?

Mes parents sont de grands acheteurs des puces. Quand j’étais enfants nous y venions parfois trois fois par mois. Je connaissais très bien le lieu. C’est une plaque tournante, le plus grand marché d’antiquités au monde. On peut toucher une clientèle internationale que jamais on ne toucherait seul. Je trouve que c’est le dernier lieu de vraie liberté qu’on a en France. On a des clients passionnants et de tout type.

Avez-vous un objet que vous souhaitez mettre en avant ?

J’ai ces deux plateaux qu’on appelle des obon (plateaux en japonais), datant des années 1930-1940. Ils s’emboitent l’un dans l’autre et cela fait un bel ensemble. Ce sont des pièces que j’ai chiné sur l’île de Kyushu. Ils sont très intéressants car on a deux types de laque. Une laque Wajima (ville réputée au Japon pour les laques où de nombreux ateliers de laqueurs travaillent encore aujourd’hui), et une laque Shunkei. Cette dernière représente un tronc d’arbre. J’aime ces papillons très légers qui volent autour de ce tronc d’arbre, et la place qui est laissée au vide, ce qui est typiquement japonais. En transparence sont représentées des feuilles que l’on voit à peine. C’est d’une grande délicatesse.

Vanessa Rau stand 11 allée 3 Serpette