L'univers ethnique chic de Michel Baudrat

Chineur invétéré et créateur d’ambiances chaleureuses et éclectiques, Michel Baudrat s’est fraîchement réinstallé à Paul Bert Serpette après quelques années d’absence. Nous sommes donc allés à sa rencontre afin de vous faire partager l’univers de ce marchand passionné.

Quel est votre parcours ?

J’ai d’abord travaillé pendant 20 ans dans le domaine de la mode. Quand je suis arrivé à Paris en 1980, je me suis mis à chiner. J’ai toujours aimé les Puces et Paul Bert Serpette était mon point stratégique. Je venais m’y promener sans but précis et je repartais chaque fois avec quelque chose sous le bras. J’aimais tellement ce milieu que j’ai quitté le monde de la mode pour m’installer à Paul Bert Serpette. J’ai d’abord travaillé avec une amie qui m’a emmené dans les déballages afin d’apprendre le métier. En 2000, j’ai acheté mon premier stand à Serpette, puis un autre à Paul Bert. A l’époque j’étais spécialisé dans le style gustavien, j’allais chiner en Suède. Je partais du principe que si j’achetais quelque chose qui me plaisait et que j’étais capable de le garder, je pourrais le vendre. En 2009, j’ai quitté les Puces pour travailler dans la décoration. Me voici maintenant réinstallé à Paul Bert dans l’allée 4 depuis début janvier.

Qu’est ce qui vous a motivé à vous réinstaller à Paul Bert ?

Je ne pensais plus du tout reprendre un stand, je me disais que c’était terminé pour moi. A un dîner chez un ami marchand de Paul Bert, celui-ci m’a suggéré de reprendre un stand. J’étais d’accord, mais à condition d’être dans l’allée 4 de Paul Bert. Il se trouvait justement qu’un stand se libérait à ce moment-là. Tout s’est donc enchaîné de manière très naturelle et facile en une semaine. Je pense que quand on est broc un jour, on est broc toujours. C’est une véritable drogue.

Parlez-nous de votre stand

Pour moi, c’est avant tout une vitrine. J’ai installé mon stand comme un petit boudoir qui serait chez moi. C’est cette atmosphère que je vais essayer de recréer à chaque saison. Quand les beaux jours arriveront, je penserai au jardin avec des sculptures en pierre, du mobilier de jardin… Mais toujours en créant une ambiance, car je considère que le client a besoin de se projeter. Je mélange les époques et j’ai un goût prononcé pour le style ethnique chic. Je pars du principe que quand on achète quelque chose que l’on aime, il trouvera toujours sa place. Je n’ai jamais regretté mes coups de foudre.

Pour vous que représente Paul Bert Serpette ?

Pour moi c’est tout simplement le marché d’antiquité le plus fashion. Je le considère comme La Place. Je n’envisageais pas d’être ailleurs qu’ici car il y a d’excellents marchands.

Quel est l’objet que vous souhaitez mettre en avant ?

J’expose ces superbes suspensions qui proviennent d’une bijouterie de Genève. Elles étaient utilisées pour éclairer les bijoux qui étaient présentés. J’aime beaucoup la forme de ces suspensions qui se terminent par un gland. La hauteur donne toujours sur les tables, une très belle lumière. Personne dans un dîner n’aime avoir un éclairage en plein visage. Elles sont très chics.