Laurence Vauclair, un monde tout en rotin

Si le rotin vous était conté, il le serait forcément par Laurence Vauclair. Cette amoureuse de la céramique et du rotin vous accueille dans le raffinement et la fraîcheur de son jardin d’hiver. Un véritable voyage à travers le temps, chic et un peu exotique où vous pourrez découvrir des pièces d’une incroyable finesse.

Quel est votre parcours ?

J’ai été baignée dans une famille qui adorait les antiquités, chiner aux Puces, et les musées. Je n’ai pas fait d’études en histoire de l’art, mais une licence de japonais, ce qui n’a rien à voir mais cela a surement forgé chez moi un côté travailleur ardu. La vie a fait que j’ai rencontré d’autres antiquaires, et que j’ai eu l’occasion de me lancer en achetant mes premiers objets. J’ai mis un pied dedans et je n’en suis plus ressortie. J’ai commencé en vendant sur les déballages marchands, ce qui m’a permis de constituer mon réseau avec lequel je travaille toujours aujourd’hui. Je me suis ensuite installée en boutique.

Quelle est votre spécialité ?

Je suis spécialisée dans le mobilier de jardin d’hiver et dans la céramique artistique de la seconde moitié du XIXème siècle. Dans les jardins d’hiver, le seul mobilier qu’il puisse y avoir est en rotin et en bambou. Pour agrémenter ces céramiques dont je me suis faite une spécialité, j’ai commencé à acheter du rotin et j’ai trouvé cela extraordinaire. C’était une histoire à écrire entièrement. Je me suis toujours concentrée sur le mobilier haut de gamme du XIXème siècle. Aujourd’hui, il y a un grand retour de ces pièces qui correspond, je pense, à un besoin de mode de vie plus naturel et qui conduit à un attrait pour les fibres végétales.

Qu’est-ce qui vous plait particulièrement dans le rotin ?

Sur le rotin du XIXème, je trouve remarquable la qualité des tissages mélangée à la vannerie fine que vous pouvez trouver brodée sur certaines pièces, un peu comme un vêtement. C’est un travail qui s’apparente à de la ciselure, très finement travaillée. Ce qui me plait, c’est le raffinement que cela peut apporter à un intérieur.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Paul Bert Serpette est un laboratoire de tendances, d’idées et de rencontres, cela bouge tout le temps. Un grand nombre de modes sont sorties de Paul Bert Serpette. Ce marché a la particularité d’attirer des gens qui sont anti-conventionnels. C’est la marque de fabrique de Paul Bert Serpette et c’est ce qui attire les marchands. J’aime les échanges d’idées dûs à la proximité avec les autres marchands et le renouvellement de marchandise chaque semaine. Cela oblige à rester très actif.

Avez-vous une pièce particulière dont vous souhaitez nous parler ?

En ce moment ; je présente une exposition sur Santo Sospir, la célèbre villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat décorée par Jean Cocteau et Madeleine Castaing. A cette occasion, nous avons essayé de recréer l’ambiance du lieu et cela est très réussi car nous avons retrouvé des objets à l’identique de ce qui avait été fait à Santo Sospir. Nous présentons dans ce cadre de la vannerie fine sur du rotin, et notamment cette très jolie jardinière avec des broderies et sur laquelle on peut voir au moins cinq manières de tisser le rotin. Ces pièces sont également appelées « travailleuses », car c’est l’endroit où les dames posaient leurs travaux tels que les broderies, la couture ou les tricots. Ces pièces se trouvaient dans les jardins d’hiver où elles passaient leurs après-midis à leurs ouvrages. Cette pièce représente bien ce que j’aime montrer dans le rotin, c’est-à-dire c’est tout ce qui est tissé et rebrodé et qui permet de voir le travail particulier que pouvaient effectuer ces artisans sur la fibre naturelle en la coupant, en la teintant et en rebrodant.
Aujourd’hui, si l’on souhaitait faire de la vannerie fine en rotin, on utiliserait cette même technique de la main. Ce travail de la matière par la main de l’homme, c’est ce que j’aime dans le rotin.