Patricia Attwood, L'art de la Mode

Avec trois mannequins apprêtés à l’entrée, une ribambelle de bijoux couture et des sacs griffés à foison, le stand de Patricia Attwood est un must du parcours mode de Paul Bert Serpette. Cette grande dame au port altier et à l’allure fière fait montre d’un goût et d’une connaissance acérés en matière d’histoire du tissu… qu’elle partage bien volontiers.

UNE MANNEQUIN COUTURE PASSIONNÉE D’ANTIQUITÉS C’est sur les bancs de Sciences Po que Patricia rencontre la mode. Un camarade lui propose de défiler pour un salon de prêt-à-porter. Fraîchement diplômée, elle se prend au jeu et passe de la prépa ENA à Nina Ricci, comme mannequin cabine. Ces longues heures passées immobile, à voir les robes se faire et se défaire sur elle, Patricia les met à profit pour observer et apprendre, témoin privilégié du travail et de la technicité de la couture. Parallèlement, cette fille de collectionneurs habitués de Drouot, chine depuis son plus jeune âge antiquités et chinoiseries. En 1990, elle en fait son métier en s’installant aux Puces mais il faut attendre quinze ans pour que cette passionnée de mode dédie sa boutique à sa passion en y présentant son incroyable collection de robes griffées et pièces haute-couture chinées depuis ses vingt ans.

UN TALENT GRIFFÉ Il faut entendre Patricia parler des maisons de couture et de la mode. Cet univers extravagant dont témoignent les vêtements et bijoux qui peuplent sa boutique. Saint-Laurent ? La richesse des matières alliée à l’ingéniosité de la coupe. Montana ? Démesurément 80. Mugler ? Une géniale intuition du corps féminin. Toutes les plus grandes griffes des années 50 à 80 sont-là, réunies. Toutes sélectionnées pour leur originalité car c’est moins le nom, synonyme certes de qualité, que le dessin qui intéresse ici. Comme les dames qui dégriffaient leur robe par souci d’élégance, Patricia ne vend pas des logos mais un chic intemporel. Et pour le célébrer, elle décrète trois critères indémodables : la mise en scène du féminin, la technique du travail et l’humour, toujours.

UNE INGÉNIERIE FASHION Chez Patricia Attwood, une seule contrainte : tout doit être portable. C’est dire à quel point les tentations sont grandes dans sa boutique. Tout doit être portable mais tout doit être travaillé, recherché, pensé. Ainsi de cette petite robe noire par Yves Saint-Laurent haute-couture qui, sous le luxueux velours de soie, cache un ingénieux système de bolduc enserrant la taille et de crochets fixant les bretelles de soutien-gorge pour assurer un tombé impeccable. Ou cette cette veste Mugler au dos affuté, résultat d’un subtil travail de montage et d’un savant équilibre de différentes densités de tissus donnant un maintien inégalé. La finesse des coutures associée à une construction architecturale du vêtement, voilà ce qui fait vibrer Patricia. A l’image de cette robe lamée aux épaules disproportionnées pour épouser parfaitement le corps de la cliente, les tenues de Patricia sont les témoignages nostalgiques d’un raffinement aujourd’hui quelque peu oublié.

Patricia Attwood, stand 7, allée 2, Serpette

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