Portrait de marchand : Alexandra Dodin

« Le partage est ma philosophie et mon plaisir »

Installée depuis 5 ans à Paul Bert Serpette, c’est un tout nouveau stand au cœur de Serpette qu’Alexandra Dodin vous propose de découvrir tous les week-ends. Mise en scène soignée alliant chaleur et convivialité, mélange des genres et belles matières pour une cohérence naturelle…

Quel est votre parcours ?

Mon parcours est un peu atypique. J’ai une formation en gestion mais j’ai pourtant toujours chiné. Je fréquentais beaucoup Drouot. Ma maman chinait également et j’ai été habituée à vivre dans un univers avec du mobilier de salles des ventes. Dans les années 1970 nous étions déjà meublés avec du Knoll, du mobilier tendance. Cela m’a sûrement influencée.
Il y a 8 ans, j’ai lancé un site de vente en ligne avec une amie. Je me suis rendue compte que pour travailler sur Internet, il fallait mettre des moyens énormes afin d’être visible. Nous avons donc fait des brocantes mais ceci n’était pas du tout adapté à ce que nous vendions. J’ai ensuite eu la chance d’avoir un ami qui m’a prêté un appartement à la vente pour en faire un showroom. Le deal était que je le décore pour qu’il soit vendu. Cela m’a permis de me faire connaitre, je faisais venir des artistes et faisais des expositions. Quand l’appartement a été vendu, il me fallait un autre endroit. Ayant toujours aimé Paul Bert Serpette, j’y ai cherché un stand. Je m’y suis installée il y a 5 ans.

Présentez-nous votre stand

Je n’ai pas vraiment de spécialité, je chine ce que j’aime. J’essaie toujours de privilégier l’originalité à la signature. L’ambiance que les objets vont donner à un intérieur est pour moi très importante. Il ne faut pas que l’objet soit purement design. J’aime les lampes aux lumières agréables, les canapés confortables, l’aspect convivial et chaleureux des objets. J’aime mélanger les époques et les matières. J’apprécie particulièrement les matières naturelles.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

J’ai toujours adoré Paul Bert Serpette. C’est un endroit où l’on trouve des choses incroyables que l’on ne trouvera pas ailleurs. C’est un rassemblement de marchands qui proposent des choses formidables. On y trouve à la fois des choses extraordinaires et des objets plus simples de la vie quotidienne. Il y a une offre hétéroclite et très originale et en même temps haut de gamme. Chaque marchand a son identité propre et cela est très enrichissant.

Comment envisagez-vous le métier d’antiquaire ?

Pour moi, c’est faire plaisir aux gens, leur faire apprécier des choses anciennes et les accompagner dans leur choix. Si je peux les encourager à se tourner vers les antiquités plutôt que vers les objets neufs, à travers ma proposition ou mon conseil, je serai vraiment heureuse. La transmission est quelque chose d’important pour moi, le partage est ma philosophie et mon plaisir. J'ai aussi un esprit très écolo, j'aime donc qu’un meuble soit réutilisé, cela fait partie de ma démarche.

Quelle pièce de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

J’ai une gigantesque table basse des années 1970. Elle mesure 3,60 mètres et s’articule en trois morceaux. Elle est réalisée avec un placage qui a notamment été utilisé par Ettore Sottsass, elle est très graphique. J’aime son côté démesuré. Ce qui me plaît dans cette table, c’est la couleur de ce placage, la zébrure et la dimension. On ne connait pas le nom du designer mais elle ressemble vraiment aux meubles du groupe de Memphis. Le côté monumental correspond bien à mon goût.

http://www.paulbert-serpette.com/antiquaires/artismove