Portrait de marchand : Ayann Goses – Galerie GAM

Installé dans l’allée qui l’a vu naître, Ayann Goses est un pur produit de Paul Bert Serpette. Grâce à une sélection rigoureuse, se sont les plus grands noms du design qui se côtoient chaque week-end sur son stand.

Quel est votre parcours ?

Mon père était antiquaire, il a commencé au marché Paul Bert et il m’emmenait un peu partout avec lui quand j’étais petit. A sa mort, j’avais 22 ans, j’ai dû faire un choix entre l’antiquité et beaucoup d’autres choses. J’ai finalement pris sa suite, mais j’ai souhaité le faire à ma façon. Je me suis d’abord installé au marché Biron où je vendais déjà du mobilier des années 50, 60 et 70, puis j’ai aidé à monter Habitat 1964 avec Hervé Giaoui, Rémi Poirson et Jean-Pierre Lagain et dirigé le lieu jusqu'à sa fermeture il y a deux ans et demi. J’ai ensuite pris un stand à Paul Bert Serpette.
J’ai appris le métier avec mon père qui vendait du mobilier des années 1930-1940. J’ai donc des bases solides sur les pièces Art Deco, puis je me suis décalé vers les années 1950-1960, et cela me convient parfaitement bien. Pour moi c’est un choix de vie, je vis avec ces pièces-là, et je me sens bien avec.

Que présentez-vous sur votre stand ?

Je présente des pièces des plus grands noms des années 50, 60 et 70 comme Mathieu Mategot, Jean Prouvé, Willy Rizzo, Pierre Guariche, le Corbusier ou Charlotte Perriand. J’aime les objets rares, un peu éclectiques, mais qui sont surtout faciles à vivre et emblématiques de ces années-là. J’aime ces pièces car elles sont historiques. Quand on regarde un magazine de décoration, on retrouvera quasiment toujours une pièce de ces années, ce sont des incontournables.
Mon stand est présenté de manière à faire des assemblages pour que les clients puissent acheter un ensemble qui pourrait leur convenir dans un appartement parisien.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

C’est un lieu emblématique. C’est le seul marché au monde où l’on est capable de faire le chiffre d’affaire d’une semaine en deux jours. La clientèle est vraiment haut de gamme et c’est un vrai défi de toujours les impressionner. Paul Bert Serpette est devenu l’endroit incontournable pour trouver des belles pièces des années 50, 60 et 70, il y a toujours des surprises incroyables.
Je suis très heureux d’être revenu dans l’allée 1 qui m’a vu naître, je suis un enfant du marché. Ce sont les Puces, et en particulier Paul Bert Serpette, qui ont fait de moi ce que je suis devenu aujourd’hui, je leur dois tout.

Comment envisagez-vous le métier d’antiquaire ?

Il faut sans cesse se remettre en question et essayer de présenter des choses que les gens n’ont pas l’habitude de voir.
Je vends des « objets de discussion ». Les gens viennent chez moi pour acheter un meuble parce qu’ils ne l’ont pas vu ailleurs, et quand ils le mettent chez eux, il va attiser la curiosité de leurs invités qui vont vouloir savoir où il a été acheté. C’est comme cela que l’on arrive à déclencher les ventes et à fidéliser les clients.

Quelle pièce de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

En ce moment je présente le lit Scal LS 11 de Jean Prouvé. Quand on a une pièce d’une telle importance, même si l’on ne la vend pas tout de suite car son prix est élevé, elle impressionne toujours les clients. Le travail de Jean Prouvé est tellement bien rentré dans le domaine public que les gens savent de quoi il s’agit. Cette pièce attire et fait entrer du monde sur le stand. Elle est emblématique, sobre et design.

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