Portrait de marchand : Clara Lardé

Clara Lardé vous dévoile son univers où se côtoient pièces de prêt-à-porter haut de gamme et Haute Couture. Personnalité pétillante et chaleureuse, cette marchande suit les tendances tout en étant à contre-courant. Venez vous parer de la pièce que vous ne trouverez pas ailleurs.

Quel est votre parcours ?

Ma maman était marchande, je suis donc tombée dedans quand j’étais petite. Elle présentait des vêtements allant jusqu’aux années 1950, beaucoup plus anciens que les miens qui démarrent aux années 1960.

J’ai commencé par faire des études car elle ne voulait pas que je sois marchande. J’ai toujours travaillé un peu à ses côtés, elle m’emmenait chiner mais aurait préféré que je sois ambassadrice. Quand j’ai terminé mes études, elle m’a proposé de venir travailler avec elle en attendant que je trouve un emploi. Je ne suis finalement jamais partie et en 2008 je lui ai racheté son stand.

Ma mère m’ayant emmenée au Palais Gallieria à de nombreuses reprises, j’ai appris la culture du vêtement. Mon travail a évolué par rapport à elle qui travaillait avec des clients davantage collectionneurs et qui ont maintenant un peu disparu. J’ai développé une clientèle de personnes désireuses de pouvoir porter les pièces qu’elles acquièrent. La démarche n’est donc pas du tout la même, il faut suivre les tendances tout en étant à contre-courant. Mes clientes cherchent des pièces de qualité qu’elles ne pourront pas retrouver ailleurs.

Parlez-nous de votre spécialité 

Sur mon stand, vous pouvez trouver tout ce qui habille la femme, aussi bien de la Haute Couture que du prêt-à-porter et des accessoires. Quand j’achète une robe, j’imagine toujours une fille dedans.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Pour moi c’est un monde à part. Paul Bert Serpette est constitué de marchands qui sont de vrais artistes. Ce sont des gens qui sont forcément liés à l’art et quand on observe les stands, on peut constater que les marchands sont de véritables décorateurs. Chacun crée son univers et cette multitude d’univers crée un monde merveilleux.

Parlez-nous du métier de marchand

Nous sommes un peu comme des chercheurs d’or. Les marchands sont des collectionneurs et aiment posséder. Quand nous ne vendons pas, nous avons l’impression de ne pas être aimés car les pièces que l’on présente sont une partie de nous-même. Toutes les pièces que je vends dans ma boutique sont des choix qui me sont propres et c’est pour cela qu’il faut toujours se remettre en question.

Quelle pièce de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

 Je présente cette robe Saint Laurent qui date de 1976, créée pour la collection Opéra Ballet Russe. Cette collection avait eu un succès fou et était fortement inspirée des ballets de Diaghilev et des tableaux orientalistes. Cette robe est magnifique, c’est un vrai costume de matriochka avec ses couleurs éclatantes.