Portrait de marchand : Marie-Laure Chermezon

Dans l’allée 1 de Serpette, le stand de cette spécialiste du bijou regorge de trésors miniatures.
Marie-Laure Chermezon aime, comme elle le dit si bien, « donner une seconde chance aux bijoux » et « vendre du plaisir ».  Nous vous invitons cette semaine à venir dénicher votre bijou coup de cœur.

Quel est votre parcours ?

Je suis issue de la famille de Raymond Templier, grand bijoutier du début du siècle. Nous avons donc toujours parlé de bijoux dans la famille. J’ai travaillé pendant 12 ans dans la boutique de Templier et j’y ai vu les plus beaux bijoux qui soient. Je me suis formée là-bas.
Je suis arrivée aux Puces il y a bientôt 10 ans grâce à Patricia Timsit, mon actuelle associée. Elle m’a donné le goût des Puces et m’a fait peu à peu entrer dans son histoire. Avec elle, j’ai développé mes compétences en gemmologie afin de pouvoir transmettre aux particuliers le goût des bijoux que je vends. J’ai racheté son stand il y a 5 ans mais nous continuons à travailler souvent ensemble, nous sommes une belle association.

Parlez-nous de votre spécialité ?

J’aime les bijoux anciens, qui ont du caractère, de grande qualité, et qui sont portables par les femmes d’aujourd’hui. C’est un peu ma ligne de conduite.
J’aime aussi les bijoux Art Deco, même s’ils sont rares. Ce sont des bijoux qui me parlent et qui sont encore portables aujourd’hui.
Les bijoux que je recherche ne sont pas forcements signés. Si la pièce me parle, je sais qu’elle parlera à quelqu’un d’autre. Quand un bijou est fabriqué de jolie façon, il va m’attirer. Ce qui me plaît dans le bijou ancien, c’est son histoire et celle du joailler et le fait que plusieurs femmes l’aient porté.
Je peux imaginer la vie d’un bijou, comment il a été porté et la manière dont il a vécu. Un bijou fait aussi partie d’une époque. J’aime lui donner une deuxième chance car on a dans le bijou une notion de transmission.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Je me suis installée ici car la clientèle a un grand sens du goût et du beau. Ce sont des notions que
les gens recherchent ici. Ils ne sont pas forcément sensibles à une marque mais souhaitent trouver quelque chose qui correspond à leurs attentes. Ils sont capables de juger. Jusque vers 1900, il n’y avait pas besoin de signature, on savait reconnaître un bijou avec une belle fabrication. Aujourd’hui, les gens qui viennent ici ont cet œil, ils ont un goût qui est très développé. C’est avant tout pour la clientèle haut de gamme que je me suis installée à Paul Bert Serpette.

Quelle est votre relation avec vos clients ?

J’aime les clients et être en contact avec eux ; nous créons des liens car ils ont des coups de cœur. Parfois le client aime tellement le bijou qu’il vient d’acheter qu’on a l’impression qu’il est venu avec. Il est fait pour cette personne, c’est une évidence. Il m’arrive d’avoir des clients qui reviennent des années après et qui me disent qu’ils ne quittent plus le bijou et cela me fait extrêmement plaisir car cela signifie que je suis arrivée à sentir ce que la personne en face de moi attendait. Il n’y a pas très longtemps, une jeune femme est venue et elle a vu une bague Cartier. Elle était là pour des meubles et c’était une bague un peu chère. Elle est revenue en me disant qu’elle n’arrêtait pas de penser à cette bague et a mis tout le budget qu’elle avait réservé pour ses meubles dans la bague. Elle est repartie très heureuse. C’est très important pour moi de me dire que le bijou ne part pas n’importe où.
L’acquisition d’un bijou est un moment chargé en émotions. J’ai récemment eu une maman qui a offert une bague à ses deux filles et qui se sont toutes les trois mises à pleurer.

Quel est la pièce de votre stand que vous souhaitez mettre en avant ?

J’ai un très beau camé sur agate avec des perles, sur une monture en or. Il date du 19ème siècle et est en parfait état. Ce bijou m’a plu car la monture est aussi jolie que le camé en lui-même. Il est doté d’une très belle forme ronde. La couleur est très jolie, la tête est bien blanche et contraste avec la pierre. Elle est entourée de perles, de diamants, d’émail et d’or. C’est un bijou typique du 19ème siècle et en même temps il reste portable aujourd’hui, on peut le mettre sur un manteau, sur un chapeau, il y a de multiples possibilités.