Portrait de marchand : Samuel Collin - Les Couloirs du Temps

Fervent défenseur et spécialiste des arts et traditions populaires, ce passionné nous transmet sa passion pour les objets trop souvent oubliés de nos régions. Brocanteur et collectionneur dans l’âme Samuel Collin présente chaque semaine sur son stand des objets qui attiseront votre curiosité.

Quel est votre parcours ?

C’est avant tout une passion qui a débutée très jeune. J’ai commencé à collectionner les médailles militaires à 7 ans, après avoir récupéré celles de mes grands-parents. J’ai ensuite commencé à élargir mes collections avec les armes anciennes. J’ai toujours chiné mais je ne pensais pas devenir marchand. Après différentes expériences professionnelles, je me suis finalement lancé en 1992 et j’ai ouvert une boutique. Au départ j’étais généraliste, puis je me suis intéressé à la poterie et plus largement à l’Art Populaire. Mon goût est également porté sur la Haute Epoque.

Parlez-nous de votre spécialité

L’art populaire se définit comme toute expression artistique n’étant pas basée sur une formation théorique. Cela peut-être le paysan qui a sculpté une cuillère en bois pour l’offrir à sa fiancée ou l’artisan qui a voulu personnaliser, embellir son outil en y ajoutant une fleur ou une tête de chien ou bien encore une dédicace d’un potier à sa grand-mère sur l’une de ses pièces.
Je m’intéresse à la céramique, plus particulièrement aux objets en terre brute et vernissée. J’ai également beaucoup de verrerie et des objets en bois sculptés ainsi que de la ferronnerie. Les outils me passionnent aussi, mais il faut qu’il y ait dessus quelque chose qui sorte de l’ordinaire ou que l’objet soit rare. Je présente des accessoires de cheminées, des poteries usuelles, de la verrerie ancienne, mais toujours authentique et de provenance paysanne.
Il n’y a pas ou très peu de copies et ce sont souvent des objets uniques.
Pour moi, l’art est avant tout de l’art populaire. Les Grottes de Lascaux en sont une belle expression.
Je me bats pour faire reconnaître cette spécialité à sa juste valeur. Les arts primitifs qui sont des arts populaires sont beaucoup mieux côtés. L’art populaire est lié au régionalisme. Je parais toujours un peu ringard quand je dis que je défends les arts bretons, normands, auvergnats ou alsaciens, alors qu’ils font partie de notre culture, de notre civilisation ce qui malheureusement est très ignoré.

Comment trouvez-vous vos pièces ?

Ce sont des objets difficiles à trouver. Je chine dans les déballages, et j’ai beaucoup d’amis qui m’appellent quand ils ont des pièces. Ce qui me passionne dans ce métier, c’est avant tout la recherche de l’objet. Je ne me considère pas comme un bon marchand mais davantage comme un collectionneur car ce qui me motive le plus ce sont les recherches, à la fois de l’objet et sur l’objet.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Je me suis installé à Paul Bert Serpette il y a trois semaines, et je suis très content. Pour moi, c’est le marché qui est le plus visible sur internet et je pense qu’à notre époque cela est primordial. C’est le centre des Puces, et dans l’esprit de beaucoup de clients, les Puces c’est Paul Bert Serpette.

Quel objet de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

Etant particulièrement spécialisé dans la céramique, j’aimerais mettre en avant cette terre à repasser en terre vernissée. Elle date de 1909 et est en très bon état. Cette pièce est vraiment unique car le nom de la personne à qui elle était destinée ou qui l’a réalisée est inscrit dessus. Elle provient d’Herbignac, ce qui est également gravé sur la pièce, et qui est un centre potier. Elle est vraiment rare car dans toutes les pièces similaires passées en ventes aux enchères aucune n’a l’inscription « Herbignac ». La date est un peu tardive et marque la fin de la production de ce centre. Cette pièce est une référence.