Paire de termes au visage féminin, c.1883

Marc Maison
Pair of terms with a feminine face, c.1883
Pair of terms with a feminine face, c.1883
Prix sur demande

Description

Catégorie
Sculptures
Epoque
XIXe siècle
Style

Cette paire de termes au visage féminin, issue d’un ensemble de quatre, a été ​sculptée en grès en 1883 et ornait la coupole du Palais du Rhin à Strasbourg.

Une provenance exceptionnelle : la coupole du Palais du Rhin

Les quatre termes, au regard stoïque, ont des visages de femmes. Elles sont coiffées de larges fleurs et de volutes. Leur gorge est encastrée dans la colonne de pierre agrémentée de quelques motifs géométriques sculptés en relief. Ces termes proviennent de l’imposante coupole du Palais du Rhin dont les quatre côtés, aux vitraux en arc de cercle, sont ponctués de deux termes. L’ensemble original devait ainsi comprendre huit termes, dont la moitié nous est parvenue. Sans doute reproduits à l’occasion de la vague de restauration des années 1960, les termes actuels restent quasiment identiques aux originaux que nous vous présentons.

Construit après l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, le Palais du Rhin symbolise l’implatation du IIème Reich : devenue allemande suite à la guerre de 1870, la ville de Strasbourg se doit d’édifier un lieu digne d’accueillir l’Empereur. Le Palais, qui se situe sur la place de la République, ancienne place impériale, relèfte ainsi le projet allemand de réaménagement et de réappropriation de Strasbourg à la fin du XIXème siècle. Conçu par Hermann Eggert (1844-1920), grand architecte allemand représentant de l'architecture Wilhelmienne, entre 1833 et 1888, l’édifice est caractéristique de l’architecture prussienne de style néo-Renaissance : art du statuaire, comme nos belles paires de termes, bossages, fronton et colonnes à l’antique en constituent les éléments les plus marquants de la façade. Le style néo-Renaissance préside également la décoration intérieure de l’édifice, dont le grand escalier est l’exemple le plus fameux.

Durant la Première Guerre mondiale, l’édifice sert d’hôpital militaire. Il devient un bien de l’État français en 1919 et prend son nom actuel de Palais du Rhin en 1920 lorsque celui-ci devient l’enceinte de la plus ancienne institution européenne : la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR). Depuis, il accueille également la Direction régionale des Affaires culturelles d'Alsace (DRAC). Le Palais se transofrme en Kommandanturde juin 1940 à novembre 1944, moment où il devient le quartier général de Leclerc.

En septembre 1944, le bâtiment est victime d’un bombardement dont les dommages, notamment situés à l’angle nord-est, ne seront réparés qu’une vingtaine d’années plus tard, après de nombreux débats dans les années 1950 durant lesquels le Palais est menacé de destruction car trop peu adapté aux nécessités actuels pour certains, trop associé aux Reich pour d’autres. Ces débats passionnés, avec en tête Pierre Pflimlin, maire de Strasbourg, aboutissent à son maintien et à sa restauration de 1962 à 1964, période d’où découlerait le remplacement des termes originaux.

Les termes : un motif d’inspiration antique

Les termes du Palais du Rhin sont caractéristiques de l’architecture néo-Renaissance, style architectural du XIXème siècle aux contours flous typique de l’éclectisme ambiant. De manière générale, le style néo-Renaissance s’inspire de l’architecture Renaissance qui se caractérise elle-même par l’assimilation de nombreux éléments de l’architure classique et dont les termes placés en saillie sont un des un motifs récurrents.

Les termes architecturaux tirent leur origine de l’Antiquité. Le mot terme provient du dieu Terminus, qui, dans la mythologie romaine, est le gardien des bornes qui séparent les terrains, après que les hommes eurent décidé de la propriété individuelle. La statue de ce dieu n’est d’abord qu’une pierre ou un tronc d’arbre, avant qu’un visage ne lui soit donné, posé sur un socle pyramidale - en gaine. Bras et pieds lui sont refusés pour assurer son rôle de gardien. Hermès, gardien des routes et des carrefours, est l’équivalent de Terminus dans la mythologie grecque.

Peu à peu, les termes perdront leur symbolique pour devenir des ornements architecturaux et des figures de femmes viendront à remplacer celles des hommes.

Le Château de Vaux-le-Vicomte a sans doute le décor de termes le plus spectaculaire : il s’épanouit de l’impressionnante grille d’entrée – aux huit termes réalisés par Lespagnandelle et incarnant des divinités ainsi que les saisons – à la Grotte aux termes de Thibault Poissant, en passant par ceux qui ornent l’espace d’entre les fenêtres dans la partie supérieure du Grand Salon.

Vaux-le-Vicomte fut bâti au XVIIème siècle (1658-1661) pour le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Les plus grands noms de l’époque furent appelés pour sa construction : Louis Le Vau, premier architecte du roi (1656), le peintre et fondateur de l'Académie de peinture (1648) Charles Le Brun, dont l’oeuvre présente de nombreux termes, le paysagiste André Le Nôtre, contrôleur général des bâtiments du roi (1657) et le maître-maçon Michel Villedo.


 

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