Pierre Girieud 1876-1948 Les baigneurs huile sur panneau

Cnossos Gallery
Prix sur demande

Description

Catégorie
Scènes de genre, nus
Epoque
XXe siècle
Style
Dimensions
Note: Les dimensions indiquées sont celles de l'oeuvre seule
Largeur 50 cm
Hauteur40 cm

Pierre GIRIEUD (1876 – 1948)

Les Baigneurs. Huile sur panneau. Signée en bas à gauche. 1928. H 40 L 50 c

Biographie :

Pierre Girieud est né au no 14 rue de Marseille à Paris. Il fut une figure importante mais peu connue de la scène artistique durant la première moitié du XXe siècle et de Montmartre.

La vocation de Pierre Girieud apparaît très tôt et, refusant la formation scientifique que son père veut l'obliger à suivre, il se consacre à la peinture. Sa formation est de nature autodidacte et résulte essentiellement de visites de musées d'abord locaux puis parisiens, visites durant lesquelles il étudie les techniques de ceux qui l'ont précédé. Le journal d'Eugène Delacroix a une grande influence sur sa vision de la peinture. Admirateur initialement des peintres Paul Guigou et Monticelli, il s'intègre à l'effervescence montmartroise grâce à Jules Monge et Edmond Lempereur. Il découvre tour à tour les œuvres de Paul Gauguin par l'intermédiaire de Durio puis les primitifs italiens lors de séjours artistiques à Venise et en Toscane.

Il élabore les statuts du Salon des refusés en 1901 sous le nom de « Bilange » avec la complicité de Fabien Launay, qui deviendra le Salon d'automne.

Il participe au Collège d’esthétique moderne, collectif de créateurs — via La Revue naturiste —à l'automne 1900, avec entre autres les artistes Émile Dezaunay, Durio, Girieud, Henri Delepouve, Charles Huard, Manolo Hugué, Frantz Jourdain, Fabien Launay, Alphée E. Iker, Maillol, Raoul de Mathan, Charles Milcendeau, Tony Minartz, Ricardo Florès.

Il adhère en 1903 au Groupe tendances nouvelles  où il rencontre Vassili Kandinsky.

La « villa Médicis libre », fondée en 1909 au château d'Orgeville par le juge Georges Bonjean, avec Jean Metzinger, Albert Gleizes, Georges Duhamel et Girieud acueille ensuite Raoul Dufy, André Lhote, André Marchand .

Girieud est le premier français à adhérer aux principes de la Nouvelle Association des artistes munichois (NKVM) lors de sa création à Munich en 1909. Il sert alors de lien entre les artistes parisiens et allemands et apporte sa contribution aux catalogues et expositions. Girieud devient leur principal représentant français et aide les membres dirigeants à rassembler les œuvres de ses confrères français; Il sera présent aux trois expositions de la NKVM en 1909, 1910 et 1911. Lorsque Kandinsky quitte la NKVM, il maintient de bons contacts avec Girieud qui fait la liaison entre le Blaue Reiter (le cavalier bleu) et Paris. Kandinsky commande à Girieud un article sur les primitifs siennois et des images d’Épinal pour constituer l’Almanach. Girieud réussit le tour de force de rester fidèle aux deux clans antagonistes : il apporte sa contribution à l’Almanach mais n’expose pas avec le Blaue Reiter, continuant à accrocher ses toiles dans les salles voisines réservées à la NKVM.

 Il est toutefois, un courant auquel Girieud refuse d'adhérer, c'est le cubisme. C'est dans cette optique, qu'il participe en 1910 au canular de Boronali par lequel, un tableau peint par la queue d'un âne devant huissier, et intitulé Et le soleil s'endormit sur l’Adriatique, signé Joachim Raphaël Boronali est placé au Salon des Indépendants. Berthe Weill expose ses toiles dès 1901, Clovis Sagot à partir de 1903. Kahnweiller lui consacre une exposition particulière en 1907.

A partir de 1910, Girieud est présent dans toutes les expositions nationales et internationales : Indépendants de Prague, exposition londonienne « Manet et les Post-Impressionnistes », Neue Secession de 1911, les deux premières expositions de la galerie Der Sturm à Berlin, l’exposition d’Art français de Budapest, la seconde Post Impressionist Exhibition de Londres, la galerie Hans Goltz en Allemagne dans le cadre du Neue Kunst, à l’Armory Show de New York, Boston et Chicago, au Sonderbund de Cologne, à l’Exposition d’Art français de Stockholm, à l’exposition des papiers de Mon, à la Biennale de Venise. Grand admirateur de Paul Gauguin dont il a pu voir les œuvres en 1901, grâce à son ami Durrio, céramiste et orfèvre qui a travaillé avec l’artiste, Girieud peint selon les préceptes nabis. Il peint par larges aplats, cerne de noir les formes stylisées pour en faire ressortir la quintessence. Il ne copie plus l’existant mais traduit une sensation face au modèle, grâce au jeu de la composition et des couleurs. Il utilise des tons entiers et n’hésite pas à employer des couleurs contre nature pour augmenter l’effet décoratif en confectionnant une harmonique.

À l'occasion de la rétrospective Gauguin en 1906, il peint le maître au sein d'une composition inspirée de la Cène dans laquelle Gauguin partage un repas avec ses disciples (une esquisse est dans la Collection Atchull et la composition est au musée des beaux-arts de Pont-Aven ).  Girieud aime la couleur. Il en étudie l’impact en créant des variations sur un même sujet traité dans des tons différents ou en créant des séries destinées à être juxtaposées.

Il a montré au Salon des indépendants de 1905 une de ses œuvres maîtresses, La Tentation de Saint Antoine, dont les couleurs firent scandale ; cette toile fait partie des collections conservées au musée Cantini de Marseille.

Il a exposé cinq tableaux dans la salle n° VII du Salon d'automne de 1905, qualifiée de « cage aux fauves » Un article de Louis Vauxcelles dans le Gil Blas du 17 octobre 1905 le cite parmi les sept peintres présents dans ce que le critique considère comme cernant « par leur orgie de tons purs » l’œuvre classique du sculpteur Albert Marque.

Il a toujours été considéré comme fauve par les critiques de l’époque, marqués par la violence de ses couleurs. Girieud, adepte des primitifs et du fauvisme, nourrit des vigoureuses oppositions inhérentes à sa Provence natale, s’investit également dans la peinture expressionniste aux contrastes excessifs, aux rapports de couleurs insolites dominés par l’abondance du noir, aux simplifications de formes toujours plus aiguës.

De plus, Girieud approuve totalement la philosophie qui a présidé à la création du Blaue Reiter pour qui l’art n’a pas de frontières, ni entre les États, ni entre les disciplines. Il s’est déjà battu en 1901 pour cette nouvelle perspective de l’art à laquelle peintres, écrivains et musiciens doivent contribuer.

À partir de 1912, fortement uni à des intellectuels provençaux dont le chef de file est Joachim Gasquet, Girieud a la révélation, à leur contact, de la beauté des compositions classiques. Il détient une source d’inspiration supplémentaire. Plénitude des formes et couleurs deviennent ses nouvelles règles de composition, synthétisant les concepts classiques et sa perception du monde dans la lumière du monde méditerranéen.

Girieud va tenter avec le peintre Alfred Lombard de créer à Marseille un salon, le Salon de Mai. Cette initiative verra venir exposer dans cette Ville en 1910 et 1913 nombre de peintres montmartrois. L'exposition, sur le modèle du Blaue Reiter tentera d'associer tous les arts.

Si Girieud s'est intéressé à différentes formes d'art : peintures, dessins, gravures, illustrations, céramiques, bijoux , il s'est particulièrement intéressé à la décoration à travers de grands formats. À la suite de ses séjours en Italie la fresque deviendra une de ses spécialités qu'il ira enseigner à l'École des Beaux Arts du Caire.

En 1929, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur sous le parrainage du peintre Georges Dufrénoy.

En décembre 1929, Girieud reçoit une commande pour décorer la Salle du Conseil de l'Université de Poitiers. Les douze panneaux seront exposés au musée de l'Orangerie avant leur mise en place sur le site.

Ses œuvres sont présentes dans vingt deux musées dont l’Hermitage de Saint-Pétersbourg, le musée national d'art moderne à Paris, le Lenbachhaus de Munich, le musée du Petit Palais de Genève, le musée de l'Annonciade à Saint-Tropez, le musée Cantini de Marseille .

Girieud qui fut tour à tour symboliste, fauve, expressionniste avant de revenir à un certain classicisme, reste un artiste inclassable fortement influencé par certains courants, il ne s’intègre réellement dans aucun d’eux leur apportant à tous sa touche personnelle. Son parcours solitaire fut toujours difficile, parfois incompris.

Louis Vauxcelles rapporte dans le journal Excelsior du 29 mai 1919 : « Alors que Flandrin, Marquet, Dufrénoy, Puy, Laprade, Manguin, Friesz devenaient célèbres, Matisse illustre, Pierre Girieud, leur camarade, leur égal, demeure isolé. On ne fut pas juste pour Girieud, et je fais ici mon mea culpa de critique. Sauf Gasquet et Charles Morice qui avaient compris cet artiste, nul n'alla le chercher en sa retraite. Nous étions trop séduits par les délices de Bonnard, et les feux d'artifice des Fauves nous surprenaient. Près d'eux, mais en silence, un être cultivé, méditatif, épris des Siennois et de Gauguin, visait non à l’effet, mais à la cadence, préférait la composition ordonnée au morceau de bravoure. C’était Girieud. 

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Antiquaire

Cnossos Gallery
Abel Allègre
Emplacement
Marché Paul Bert, Allée 1, Stand 16
Téléphone
0659362025

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