Nestlé, Jacques

Jacques Nestlé naquit en 1907 à Sarrebruck, non loin de la frontière luxembourgeoise et mourut à Paris en 1991.



Dès 1925, il s'installe à Berlin où il sera influencé par l'école du Bauhaus et les artistes avant-gardistes de cette époque tels Kandinsky et Paul Klee. En 1933, il ne résista pas à l'appel de la France et rejoignit de nombreux artistes à Paris où la révolution de l'Art moderne était déjà en marche depuis le milieu du XIXe siècle. 



Deux événements déterminants vont se produire à Paris : D'un côté, Henri Matisse remarque ses œuvres, l'encourage et l'inspire durablement, de l'autre côté, le marchand et collectionneur d'art, Daniel-Henry Kahnweiler, souhaite le promouvoir comme il le fit avec Picasso, Braque, Derain ou Gris. Jacques Nestlé qui dit de lui qu'il n'est « ni un peintre, ni un artiste, simplement un homme qui peint », ne donna pas suite à la proposition de Kahnweiler. Il vivait sans prétention de son art et disait que ses peintures le rendaient heureux.



Jacques Nestlé est le peintre des couleurs et des formes, en cela il s'inscrit dans la même ligne artistique que certains de ses contemporains comme Kandinsky, Mondrian ou Miró. A l'inverse de ces derniers, on peut noter qu'il utilise de manière singulière le noir mais c'est un noir vibrant, changeant et lumineux qui structure et unifie son œuvre. D'un autre côté, ses nus, parfois stylisés à l'extrême, où les formes féminines se font traits et contours colorés rappellent les courbes des nus de Matisse ou la composition anatomique propre aux nus cubistes de Picasso. 



Début des années 50, en parallèle à l'expressionnisme abstrait américain représenté par Jackson Pollock, Jacques Nestlé tend vers une création plus spontanée, à l'image du désir impérieux qui saisit le peintre au moment de l'inspiration. Son art cultive alors une ambiguïté voulue entre figuration et abstraction et évolue vers une forme personnelle d'abstraction lyrique où l'artiste donne libre cours à une expression directe, reflet de son émotion intérieure.



D'ailleurs, d'après Nestlé, « le génie est le moment où l'œuvre se manifeste dans un instant de création. Et là, elle est de tous les temps, présent et à venir et décrit l'être saisi de l'envie irrépressible de peindre, sans savoir pourquoi ».