Hugues Lassaussois « Un vitrail, c’est un paysage ».

Très fraichement installé à Paul Bert Serpette, le stand d’Hugues Lassaussois n’a pas d’équivalent.  Pour lui, bien au-delà du simple élément d’architecture, le vitrail est un paysage. Laissez-vous émerveiller par la magie du verre, éblouir par les couleurs chatoyantes, captiver par la complexité de la technique… En bref, Venez découvrir les paysages de verre de ce marchand intarissable et passionné.

Parlez-nous de votre parcours

Depuis mon enfance, je baigne dans le milieu des antiquités. Mes parents étaient dans la profession et mon grand-père était collectionneur. J’ai commencé à travailler avec ma mère en 1992, puis j’ai repris une formation en histoire de l’art durant trois ans. Ce métier est avant tout un métier de passion et cette passion est née du terreau familial.

Quel est votre spécialité ?

Depuis une vingtaine d’années, je présente des vitraux. Etant au départ établi à Chartres, ville internationalement reconnue pour le vitrail, je baignais dans cet univers et j’ai très vite eu à cœur de restaurer cette partie du patrimoine français un peu tombée en désuétude. A chartres, nous avons la chance de bénéficier d’ateliers de restauration de pointe qui travaillent avec des verres anciens et dotés d’un véritable savoir-faire.

On trouve du verre dès l’antiquité, en Egypte. En France l’arrivée des cathédrales marque la grande époque du vitrail, c’est alors un art religieux très onéreux. A la Renaissance, il y a un essor de cette technique et l’on commence à voir s’installer des vitraux dans les maisons. Si le XVIIIème siècle est moins riche dans le domaine, la fin du XIXème siècle est un véritable renouveau grâce à l’apparition de nouvelles techniques de création. De nouveaux modes de cuisson permettent de mieux maitriser les températures et rendent alors le vitrail plus facile à réaliser. On y ajoute des émaux, on peint en grisaille et l’on retrouve de grands éléments d’architectures dans les belles demeures. On remet le vitrail au gout du jour dans le jardin d’hiver. Ces éléments ont vieilli et la restauration étant très difficile, beaucoup de pièces ont été détruites, ce qui est fort dommage car c’est un patrimoine important qui ne doit pas tomber dans l’oubli.

Aujourd’hui, c’est pour cela que je travaille avec des architectes et des décorateurs. Oser installer un vitrail dans un intérieur nécessite une vraie réflexion et de la technique. On a maintenant la possibilité de mettre en lumière les vitraux, on peut les installer pour faire des pans de murs, des paravents, pour cacher d’un vis-à-vis… Les possibilités sont multiples !

Le vitrail est un art qui est assez peu valorisé et trop souvent cantonné à l’art religieux dans l’esprit des gens. J’aime leur faire découvrir toutes les autres facettes, montrer que c’est une spécialité qui requiert beaucoup de technique, de savoir-faire et d’expérience. La transmission est un aspect très important de mon métier.

Avez-vous une pièce particulière à nous présenter ?

Je présente en ce moment un vitrail représentant un bord de mer en profondeur. Il a été commandé par Louis Fricotelle, industriel et amateur d’art vers 1910 au décorateur Henri Rapin (1873-1939). Henri Rapin avait organisé l’Exposition Universelle de 1925 et représente la figure de l’artiste-décorateur du début du XXème siècle.

Ce vitrail est très intéressant car son esprit est marqué par la jonction entre l’Art Nouveau et l’Art Deco, dans un esprit très fauviste grâce ses couleurs intenses.

J’aime particulièrement retrouver des pièces comme celle-ci, exceptionnelles, avec une vraie histoire. Nous sommes arrivés à la restaurer et je suis certain qu’elle trouvera un endroit qui lui donnera une seconde vie.

 

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