Dans l'œil de Nathalie Dupuis

Cette semaine, céramique ou ne sera pas. Spécialisée dans la céramique d’art du XXème siècle, Nathalie Dupuis nous présente une lampe à poser-sculpture de Juliette Derel et nous en livre quelques secrets…

Juliette Derel (1918 - 2007)

Juliette Derel est née à Gisors en Normandie. Elle entre en 1937 à l'école des Beaux-Arts de Tours où elle apprend la peinture, le dessin, l’Histoire de l’Art et la céramique. Elle complète sa formation de céramiste dans une fabrique artisanale en 1939.

Elle expose déjà son travail au Salon de l’imagerie à Paris en 1942. En 1949, elle décide de s'installer à Vallauris et rejoint l’atelier du Grand-chêne, jusqu’en 1952. En 1953 elle épouse le céramiste Jean Rivier, tous deux restaurent une maison à Vallauris et construisent leur propre four à bois, qu’ils partagent jusqu’à leur séparation en 1961.

Elle exposera en France à de nombreuses reprises, notamment au musée des Arts décoratifs de Paris en 1969 (un panneau mural ajouré), ainsi qu'à l'étranger, à Montréal (1959) Caracas (1960), Prague (médaille d’argent en 1962).

Lampe à poser-sculpture ajourée, vers 1965

Cette lampe à poser-sculpture est fabriquée en terre chamottée modelée et émaillée avec inclusion de miroirs. Ses dimensions sont telles : Hauteur : 39 cm - Largeur : 18 cm.

Juliette Derel ne pratique pas le tournage, elle modèle et fait parfois appel à un tourneur. Elle se dirige, au fil des années, vers une production de plus en plus sculpturale, composée de pièces uniques en terre chamottée, comme ici. Très célèbre pour ses miroirs, les lampes de Juliette Derel sont beaucoup plus rares. La texture et les émaux de ses pièces sont d’ailleurs très prisés des collectionneurs.

Pourquoi cette pièce ?

Mes choix sont principalement dirigés vers la céramique d’art. Ces céramistes se servant du médium de la terre produisent des œuvres sculpturales et picturales, grâce à son élasticité alliée aux émaux et bien sûr à l’intervention du feu.

La pièce utilitaire devient un prétexte à leur expression artistique et leur personnalité se sert de l’objet utilitaire comme prétexte. Ces artistes tendent ainsi de plus en plus à la production de pièces uniques, comme ici, avec cette lampe à poser de Juliette Derel.