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André Aleth Masson est né à Saint-Malo en 1919. Il étudie aux Beaux-Arts de Rennes en 1938, mais il est mobilisé. Après la guerre, il entre à l’école des Beaux-Arts de Paris, où il rencontre Denise, sa future femme. Tous deux se forment à la céramique à l’école de Fontcarrade près de Montpellier. Le couple revient à Paris en 1949, André Aleth Masson achète son premier four qu’il installe dans son atelier à Vincennes. Il utilise alors la technique de l’engobe, appliquant des oxydes métalliques sur terre crue avant cuisson. André Aleth Masson travaille d’abord une terre rouge provenant de Marseille puis il choisit une terre blanche argileuse et chamottée issue de Gournay-en-Bray, à laquelle il restera fidèle. Ses premières céramiques sont noires, brunes ou blanches. Ses formes douces, arrondies, généreuses plaisent dès le début de sa production. Ses pièces sont exposées pour la première fois dès 1950, au Salon des Indépendants.

Il ne tarde pas à se faire connaître, grâce à une exposition personnelle à la galerie MAI, en 1952. En 1954, il participe au Salon des Artistes Décorateurs. Ce premier Salon lui permet de remporter le Prix Henri-Mercier avec sa carafe « Cocotte ». Il participera à ce Salon jusqu’en 1980. En 1953, il rencontre André Borderie, dont il devient ami proche et avec qui il travaillera de manière très régulière toute sa vie. Au fil du temps, alors que ses premières productions conservaient un aspect utilitaire, les formes se libèrent et la céramique Masson devient de plus en plus sculpturale et architecturale. Les couleurs quant à elles sont explosives. Le couple déménage en 1961, ce qui lui permet de jouir d’un plus grand espace. Il réalise alors des pièces de céramique de plus en plus volumineuses et sophistiquées.

L’artiste intègre le mouvement du Mur Vivant en 1968. Créé par un groupe d’architectes et de plasticiens, ce mouvement prône la recherche architecturale, à travers la publication d’une revue et l’organisation d’expositions. Avec André Borderie, ils exécutent divers panneaux architecturaux, pour la faculté de médecine de Grenoble, la maison de l’ORTF, le hall du RER de la Défense ou encore celui des Invalides.

À la fin des années 1970, après des années de travail, à répondre à des commandes venant de toutes parts, André décide de rentrer à Saint-Malo avec sa femme. Pour le couple, une nouvelle vie débute : la Ville passe des commandes à Denise et André continue à innover, créant de nombreuses pièces qu’il expose dans leur galerie-atelier. Sa maitrise de l’émail atteint alors son apogée. C’est à cette époque qu’il décide d’ajouter à son nom le patronyme « Aleth ».

André Aleth Masson, créateur hors-pairs, céramiste, sculpteur, mais aussi peintre par moments, meurt sur la terre qui l’a vu naître, à Saint-Malo, en 2009. Il aura privilégié, toute sa carrière durant, la pièce unique au modèle en série.