Hymne à l’esthétique audacieuse, farouche et libre, le surréalisme établissait la beauté comme ravissement des yeux et du corps surprenant, intempestif et toujours inattendu. Car reprenant le célèbre vers de Lautréamont, il assurait que l’extase naîtrait de la rencontre « fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie. » De l’association de deux corps étrangers jaillirait l’étincelle de la beauté.
Arts premiers, animaux empaillés, souvenirs de voyage et autres corps étrangers, Picabia, Desnos, Aragon et les autres ont fait cohabiter et dialoguer dans leurs œuvres des mondes sensiblement différents issus d’époques éloignées, toujours au mépris des conventions esthétiques d’alors. De ce « hasard objectif » naît une beauté nouvelle, toujours insaisissable, chaque fois redéfinie. Convulsive.
A Paul Bert Serpette où les frontières sont poreuses et les âges sans limites, nul doute que les surréalistes auraient trouvé de quoi faire le mur de la Beauté.
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