Du plastique au design

2020
Paul Bert Serpette

L’évolution des plastiques naturels (ambre, corne…) aux plastiques semi-synthétiques (celluloïd, viscose…) et aux plastiques synthétiques (bakélite, PVC, plexiglas®…) n’a eu de cesse d’influencer le secteur du mobilier. A l’aube des années 50, le plastique présentaient des performances technologiques indiscutables, fruit d’une richesse créative pour designer et architectes en quête de renouveau.

 

Il était une fois la bakélite

Facilement moulable et très bon isolant électrique, la bakélite est une résine thermodurcissable très en vogue au début du XXème siècle. Ustensiles de cuisine, jouets, bijoux et objets du quotidien en bakélite, les maisons sont remplies de ces produits fabriqués en série, intronisant l’ère du polymère.

 

Des jeux de formes et de couleurs

L’industrialisation des systèmes de productions et les progrès en pétrochimie entraînent l'arrivée de nouveaux matériaux synthétiques dans les années 50. Les matières plastiques, autrefois utilisées pour copier l’aspect des matières nobles ouvrent un vaste champ des possibles esthétiques, que les artistes et designer ne se privent pas d’exploiter. De nouvelles formes voient le jour et, les matières plastiques étant perméables aux pigments, les couleurs se démultiplient dans les intérieurs.

 

A l’aube des années 50, Charles et Ray Eames créent alors leur célèbre Plastic Chair dont le dossier est constitué d’un seul bloc de fibres de verre (ABS selon le fabricant). La déclinaison de couleurs est inédite pour l’époque. Arne Jacobsen proposera quant à lui ces fameuses chaises « Egg », « Swan » et « Ant ». 

 

1960, plastique or not be

Inspirés par les qualités dont le plastique est doté, architectes et concepteurs s’évertuent à innover. Ses possibilités de couleurs chatoyantes, sa facilité d’entretien, son faible coût et sa résistance à la chaleur, aux produits chimiques et à la lumière participent effectivement à l’engouement autour de ce matériau. De grands noms tels que Verner Panton, Marco Zanuso ou Joe Colombo exploitent ces matières plastiques. La grande distribution en facilitera quant à elle l’édition et la diffusion auprès des consommateurs.

 

Un souffle nouveau

Le PMMA apparu dans les années 30, plus connu son sous appellation commerciale de Plexiglas®, sublime les années 80 de plus belle. Shiro Kuramata ou Philippe Starck l’utilisent dans leurs créations, entre concepts et jeux de transparence. Les polymères, également exploités dans l’industrie du textile depuis les années 1940, retrouvent de leur superbe avec la tendance Lycra et bijoux fantaisies des années 80.