L’art de vivre au jardin

14 Mai 2020
Paul Bert Serpette

Jadis catégorisé comme extérieur à l’habitat, le jardin fait désormais partie intégrante d’une maison et s’envisage dans son aménagement comme une pièce à part entière où détente, bien-être et connexion à la nature s’expriment autant au travers du choix des plantes que du mobilier. 

 

Jardin de plaisance

Le jardin autrefois vivrier devient agrément vers le Xème siècle. Le jardin médiéval se décline alors sous différentes formes : le potager, l’espace dédié aux plantes médicinales et le jardin de plaisance. L’utile devient plaisir, les premiers jardins occidentaux naissent mais c’est à la Renaissance que l’art des espaces verts va réellement se déployer.

La célèbre Villa d’Este et ses jardins à Tivoli ou bien la Villa Medicis témoignent de cette richesse verdoyante, gage de plaisir et d’art de vivre à l’italienne. Des jardins privés se déploient alors à travers l’Europe, réservés à l’aristocratie et quelques privilégiés.

 

Deux jardins, deux ambiances

A partir du XVIIème siècle, le jardin doit représenter richesse et pouvoir. Paré des plus belles fantaisies, il devient théâtre ouvert sur la nature et le monde que l’on admire lors de longues promenades.

Le jardin à la française s’organise autour de grandes lignes architecturées fleuries, d’axes obliques et perpendiculaires qui régissent le tracé des parterres tout en insérant des compositions de paysages à sa structure. Apparaissent ainsi les bancs, permettant à la fois un repos nécessaire pour traverser ces vastes espaces et une contemplation plus sereine.

 

André Le Nôtre, célèbre maître de l’art du jardin à la française et jardinier du roi a ainsi conçu les jardins de Vaux le Vicomte et les jardins de Versailles, emblèmes du style. A l’image d’André Le Nôtre, de nombreux architectes paysagistes français feront rayonner l’art du jardin à travers l’Europe, notamment Pierre Desgotz, Claude Desgots, Jean-Charles Garnier d'Isle, René Carlier, Jean-Baptiste Robillon…

 

A mille lieux du jardin à la française, l’Angleterre développe un autre style de jardin, paysager, très dense et pittoresque. Influencé par le jardin chinois, il se veut moins structuré et plus proche de la nature indomptable, des allées sinueuses gorgées de plantes diverses. La dynastie des Tudors arbore des jardins sublimés de fontaines, de statues et de plantes entrelacées, ayant inspiré le « Knot Garden » (jardin de nœuds).

 

XIXème siècle la démocratisation du jardin

Au XIXème siècle, les styles se marient, le jardin à la française adopte les vallons à l’anglaise recouverts d’arbres importés des Amériques. L’horticulture fortement développée enrichit les potagers d’espèces variées.

La corbeille de fleurs voit le jour, la mode est aux iris, aux serres et roseraies à arceaux. Les rocailles décorent les jardins. Parti intégrante d’un art de vivre, le jardin devient populaire et reflet d’une culture sociale. Fruit des progrès économiques, technologiques et des évolutions architecturales, les matériaux du mobilier de jardin évoluent tant par leur technicité que leurs formes.

Reflet d’un confort moderne, le jardin de maison actuel voit s’épanouir arbres fruitiers et plantes diverses auprès de mobilier en rotin, en osier, en bambou, en bois traité aux styles variés. Sculptures, jardinières et fontaine participent au décor. 70’s, minimaliste ou bien ambiance bord de mer, la tendance est à la personnalisation en harmonie avec la végétation choisie.