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L'Exubérance de la Païva, la Sélection du week-end

24/02/2016
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Cocotte, salonnière, courtisane, demi-mondaine, la célèbre Païva, née Esther Lachmann à Moscou en 1819, a eu autant d’appellations qu’elle a fait tourner de têtes. Cette grande horizontale gagna ses lettres de noblesse grâce à ses charmes qu’elle mit au service d’une soif éperdue de liberté. Tour à tour fugitive, prostituée, épouse et maîtresse, la Païva ne laissa pas que des amants éplorés et endettés. Elle se fit construire un hôtel à son nom par son dernier amant, richissime cousin du chancelier Bismarck, sur la plus belle avenue du monde. La légende veut qu’à l’endroit même où un homme l’avait jetée de son fiacre du temps de sa jeunesse, elle s’était jurée de se bâtir « la plus belle maison de Paris ». Au 25 Champs Elysées, trône cette exubérance architecturale dont l’indécence n’a d’égal que celle de la maîtresse de maison. Escalier et baignoire en onyx jaune d’Algérie, cheminées de Barbedienne, lit démesuré, ce luxe tapageur signé Pierre Manguin, élégamment rebaptisé par les frères Goncourt « Le Louvre du cul », reçut les plus grands esprits de son temps. Si qui paye y va, le 25 avenue des Champs Elysées reste aujourd’hui encore un modèle de décadence fastueuse dont on s’inspire par touche pour se donner des airs de grandeur !