L'ornementation végétale à travers les styles français

30 avril 2020
Paul Bert Serpette

La nature a toujours été l’une des principales sources d’inspiration dans les créations artistiques des Hommes. Durant l’antiquité déjà, feuilles d’acanthes et rinceaux peuplés d’oiseaux ornaient les éléments d’architecture que nous avons toujours la chance d’admirer aujourd’hui. Au fil des siècles, l’ornementation végétale a continué de sublimer mobilier et objets d’arts, traversant les styles français.

 

XVIIème siècle

Si le gout pour les décors végétaux est millénaire, au XVIème siècle l’on assiste à un véritable regain d’intérêt pour les sujets botaniques, grâce à l’édition de multiples ouvrages, inspirants tous les Arts Décoratifs.

Au XVIIème, le fastueux style Louis XIV voit s’épanouir bouquets et abondants feuillages dans de somptueuses marqueteries comme celle de Thomas Hache ou du non moins célèbre André Charles Boulle. Les éléments sculptés ne sont pas en reste et les feuilles d’acanthes s’habillent de leurs plus beaux bois dorés. L’ornementation végétale devient alors pur plaisir esthétique et prétexte à la démonstration technique des plus grands ébénistes et ornemanistes dans la décoration des appartements royaux, orchestrée par Charles Le Brun.

XVIIIème siècle

Le style Louis XV voit arriver l’apogée du règne végétal. Il devient la référence ornementale de base et s’enrichit de références exotiques et de chinoiseries. Les piétements s’affinent grâce aux progrès techniques, dotant les courbes de plus d’élégance et permettant également l’apparition de l’impressionnant style Rocaille.

De nombreux ornemanistes excellent dans l’art de la décoration végétale, à l’instar de Jean Pillement et ses décors de chinoiserie, ou encore de l’extravagant Juste Aurèle Meisonnier, dessinateur de la chambre du Roi.

Peu à peu, les sinuosités excessives du styles Louis XV seront abandonnées au profit d’un retour aux principes de l’Antique, amené par les découvertes des sites de Pompéi et d’Herculanum. C’est ainsi que le style Louis XVI voit le jour, dominé par l’extraordinaire influence de Marie-Antoinette sur les arts décoratifs. Sur un mobilier empreint de légèreté, sont visibles frises de palmettes ou encore marqueteries de paysages lacustres.

Art Nouveau

Fruit de la Belle Epoque, l’Art Nouveau fait figure de véritable renaissance dans le domaine des arts décoratifs. Les lignes des meubles prennent directement la forme de tiges végétales, tout en restant épurées. Le répertoire ornemental quant à lui, est avant tout floral et met à l’honneur de nouvelles variétés. Pavots, fougères, nénuphars, Iris, aubépines et pois de senteur… C’est un jardin d’un autre ordre qui s’épanoui sur les décors.

En France, l’architecte Hector Guimard incarne ce mouvement avec la création des bouches de métro. Emile Gallé est lui aussi digne représentant de l’Art nouveau avec ses verreries, ses céramiques, ses meubles…

Qualifié de « style nouille » à cause de ses lignes étirées, l’exposition universelle de 1900 en constituera une vitrine de qualité notamment avec les œuvres de Louis Majorelle, Emile Gallé, René Lalique, Eugène Grasset…