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LA SÉLECTION DU WEEK-END
PAR PIA DE BRANTES
Connue du Tout-Paris et au-delà pour ses grandes soirées mondaines, Pia de Brantes n’est pas seulement une femme de festivités mais un œil avisé au goût sûr et éclectique. Maîtresse de cérémonie hors-pair, les grands acteurs du monde de l’art, de François Pinault au Centre Pompidou, lui ont fait une confiance aveugle et lui ont confié sans sourcilier leurs événements les plus sélects. Fidèle de Paul Bert Serpette, elle consacre depuis de nombreuses années chaque dimanche matin à la découverte de trésors dans les allées du marché. Tant et si bien qu’elle a transmis sa passion des Puces à l’un de ses fils, désormais antiquaire allée 7.
Sur un air de vacances, suivez le guide pour une sélection estivale qui fleure bon les embruns et le soleil méditerranéens.
Boucles d'oreilles, or et corail
Sylvie Corbelin Allée 7, Stand 291, Paul Bert
D’emblée, Pia de Brantes donne le ton avec ces longilignes boucles d’oreilles placées sous le signe de l’océan. Finement travaillées, elles allient le corail et le bleu marin grâce à un élégant hippocampe doré. Une paire fantaisiste et raffinée pour les femmes de goût qui jamais ne renoncent à l’humour.
Table, Christian Heckscher, laiton et acier laqué noir, pièce unique, 1972
Le 7, Allée 7, Paul Bert
Dorée, monumentale et striée d’un léger dessin graphique, cette table démesurée est une pièce unique signée de l’artiste belge Christian Heckscher. A chaque heure de la journée, au rythme des variations du soleil, elle se métamorphose en se parant de toutes les nuances d’or. Véritable sculpture, elle illumine de sa chaude lumière une grande demeure de bord de mer, en Provence, en Sicile ou en Grèce, lieux qui ont inspiré Christian Heckscher à la fin des années 60.
Guillaume Canipel, Allée 4, Stand 201, Paul Bert
Curieux animal, le hibou est un motif de décoration dont Pia raffole. Ici en laiton doré, très 70, il donne un côté humoristique et décalé à un intérieur soigné. « Je l’ai fait monter sur une branche d’acier et accrocher à l’extérieur de ma maison de vacances » confie Pia qui possède le même. Patiné par les intempéries, il redeviendrait presque sauvage ainsi confié aux éléments.
Christ, bois de noyer, circa 1950
Marie Boutreux, Allée 3, Stand 163-165, Paul Bert
Avec ses faux airs de Giacometti, ce Christ en croix est d’une rare simplicité. Réduit à sa forme la plus primitive, il fait penser à une esquisse préparatoire. Tellement épuré qu’on douterait presque qu’il s’agit d’un crucifix. Le bois de noyer et le Christ se confondent et s’offrent dans une lecture poétique et méditative. Daté des années 50 et originaire de Bretagne, ce Christ en croix instaure une tonalité sereine et contemplative à une maison de bord de mer.
Sac « Bamboo » Gucci, cuir, réédition d’un modèle des années 50, circa 1990
Patricia Atwood, Allée 2, Stand 7, Serpette
« Les vacances, oui mais jamais sans mon sac ! » Le choix de Pia se porte alors sur cet adorable sac à main crème de la maison Gucci. Son anse en bambou lui donne des airs exotiques et lointains. On voyage avec plaisir lesté de ce petit bijou discret et dans le ton dans lequel on n’oublie surtout pas de glisser ses billets d’avion !
Marine, Warren Sheppard, huile sur toile, fin XIXème
Thierry Atanasio, Allée 1, Stand 7, Serpette
Cette vue du phare de Newport, Connecticut, est surprenante. Son parfait état d’origine d’abord, sa lumière ensuite. A l’horizon, le ciel poudroie indiquant une journée qui commence ou qui s’achève doucement, calmement, sereinement. Absorbée par cette marine, Pia se replonge dans ses dix-huit années passées sur la côte Est des États-Unis.
Céramique, Frères Cloutier, circa 1950
Pellazzo et Lexcellent Antiquités, Allée 3, Stand 12, Serpette
A la regarder, on sentirait presque le soleil nous bruler la rétine. Astre radieux, cette superbe céramique des Frères Cloutier dégage encore la chaleur du Sud où elle est née. Ce visage paisible qui vous regarde appelle à ralentir, à trainer, à rêver allongé dans une chaise longue protégé d’une écrasante chaleur par l’ombre d’un palmier.
Miroir Soleil avec prismes en pan incliné, miroir oxydé, doré à la feuille d’or, 1950
Pascal Weitz, Allée 4, Stand, Serpette
Pour parer aux journées sans soleil, Pia l’accroche aux murs de sa maison. Patiné, oxydé, ce miroir soleil n’en est que plus chaleureux. Il réchauffe une atmosphère en la dotant d’une touche un rien clinquante. On s’y contemple avec plaisir et, lorsque le ciel se dégage, on se délecte d’y voir ricocher les rayons.
Guéridons en bronze doré, seconde partie du XXème siècle, signés CD, France
Fortuné Antiquités, Allée 1, Stand 29bis, Serpette
Hibou, soleil, hippocampe, Pia aime faire rentrer l’extérieur dans son intérieur. On imagine sans peine les grandes baies vitrées de sa maison de vacances ouvertes sur le jardin, comme une invitation toujours renouvelée aux amis de passage ou aux voisins. Ces guéridons dorés comme le soleil d’été sont de petits arbustes où quelques oiseaux ont élu domicile. De beaux perchoirs à garder précieusement chez soi.
Lampe « cocotier » en bambou et rotin années 1970
Artismove, Allée 6, Stand, Paul Bert
Qu’est-ce qui, en déco, sonne plus vacances que le rotin et les palmiers ? Alors imaginez une lampe- palmier en rotin ! Kitsch à souhait, ce luminaire égaierait la plus triste des journées d’été. Il twiste un intérieur un peu trop sobre en jouant de cet humour cher à Pia qui sait que dans la vie comme en décoration, le sérieux rime souvent avec ennuyeux.
