Fétiches, amulettes, totems, masques, … Autant d’objets aux formes étranges venus d’autres contrées et chargés parfois de magie : pourquoi nous fascinent-ils autant ?
L’expressivité des formes, l’élégance des lignes, la puissance des regards et leur troublante sérénité retiennent toute notre attention.
Comment comprendre leur aspect patiné, croûteux, réparé ou grignoté ? Comment distinguer des traces inexorables du temps, les marques du rituel pour lequel ces objets étaient destinés ?
Objets de représentations sociales ou de pouvoirs surnaturels, les Arts Premiers nous permettent de questionner la place de chacun au sein du groupe et son rapport au monde.
Au-delà de l’esthétique des formes et des matières, masques et statues accompagnent les rites de passage aussi bien que les fêtes agraires, et témoignent de l’environnement naturel des cultures et de leurs savoir-faire.
Picasso qui fût l’un des 1ers collectionneurs d’Arts Premiers et trouva dans la statuaire africaine la confirmation de ses recherches stylistiques : représenter le monde tel qu’on le sait et non plus uniquement tel qu’on le voit. Cet éloignement de la représentation mimétique fût au cœur de la révolution artistique moderne.
En dépassant les limites de l’œil, l’artiste va puiser du côté de l’ailleurs. Il ré-enchante les arts en saisissant le pouvoir envoûtant de ces objets rituels.
Ainsi, les Arts Premiers témoignent de la diversité de penser le monde et nous permettent de ré-interroger notre propre regard.
Bibliographie
Benoît de L’Estoile, Le goût des Autres. De l’Exposition coloniale aux Arts premiers, champs essais, Flammarion, 2010
Notre sélection :
6) Rare statuette N'kisi N'kondi, Congo, années 30, chez Josette Revellin, stand 6, allée 4, Serpette
