Les 24 et 25 mai, Jean-Baptiste Bouvier présentera une exposition née d’un geste à la fois spontané et réfléchi. À l’origine du projet : un service en faïence de Sarreguemines, datant du début du XXe siècle, acheté sur le plateau de l’émission Affaire Conclue. Objet désuet, presque kitsch, voué à l’oubli, il devient matière à création lorsqu’il décide de le confier à deux artistes qu’il connaît et admire depuis 25 ans : Karina Bisch et Nicolas Chardon.
Avec une carte blanche totale, le duo s’empare de ce patrimoine domestique pour le confronter à leur langage plastique radical. Résultat : une série de 120 assiettes peintes à quatre mains. Chaque pièce devient le point de rencontre entre le vocabulaire populaire de la brocante et une démarche artistique contemporaine.
Mais le projet dépasse l’objet : il prend la forme d’une performance globale, prolongé par sa diffusion dans l’émission La vie des objets, à la suite d’Affaire Conclue. Pour la première fois, cette émission ne parle pas de restauration ou de valeur marchande, mais d’art contemporain, de geste pictural et de temporalité.
Cette exposition interroge la finitude des objets et leur place dans nos récits collectifs. Les œuvres, proposées entre 150 et 600 euros sont accompagnées d’un certificat d’authenticité. À la fois sérieuses et teintées d’ironie, elles déplacent les frontières entre média populaire, art conceptuel et culture matérielle. Plus qu’un détournement, cette exposition révèle la capacité d’un objet à rejouer sa propre histoire, non pas pour prolonger sa vie, mais pour en modifier le sens.



