Accords de couleurs chez Lionel Sanderson

Véritable esthète, Lionel Sanderson s’évertue à dénicher des pièces qu’il s’imaginerait déjà intégrer à des intérieurs en toute harmonie … Un marchand qui ne s’interdit rien et qui présente sur son stand des pièces de toutes époques et de styles différents afin d’aider les clients à se projeter dans un panel de décors aussi variés qu’inspirants.

 

Quel est votre parcours ?

Avant d’être aux Puces, j’ai fait mes armes dans le milieu de la mode tout en chinant déjà beaucoup. Très attiré par cet univers, j’ai décidé de me lancer de manière professionnelle en prenant un stand avec l’un de mes amis. Nous nous sommes installés dans l’allée 5 en 1985, au moment de la reconstruction du marché et notre stand était un demi-camion aménagé ! L’aventure ! J’ai commencé par présenter des arts de la table pendant deux ans pour finalement m’orienter vers tout autre chose. Mon âme de marchand a évolué avec l’expérience et j’ai alors commencé à vendre du mobilier 1940. Avec un petit groupe de marchands comme Jacques Lacoste, Aline Chastel et Patrick Fourtin, nous avons initié cette tendance.

 

Que trouve-t-on sur votre stand ?

Comme évoqué, je ne présentais que du mobilier 1940 jusqu’en 1998. Je trouve les pièces de cette époque très élégantes et suis particulièrement sensible à la grande tradition d’ébénisterie dont elles sont issues. Tradition qui existait par ailleurs déjà dans les années 30, mais de manière beaucoup plus rude et bourgeoise. Dans les années 40, il y a un côté très mode que j’aime beaucoup, de grands créateurs tels que Dior ou encore Balenciaga avaient succombé à l’esthétisme de ce mobilier.

Aujourd’hui, j’ai dévié vers des objets plus éclectiques car cela élargit les perspectives en termes de décoration. Je n’ai plus envie de me cantonner à une époque où un style particulier qui peut être bloquant. J’aime le mélange et ne m’interdis rien ni en termes d’époque, ni en termes de marchandise, cela me permet de faire des mises en scène plus travaillées. Je prends plaisir à associer des pièces du 18ème siècle avec du mobilier 40 et des objets des années 70. La base, c’est avant tout une belle harmonie de couleurs. Plus qu’une base, je dirais même que c’est primordial !

 

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

C’est un marché essentiel, qui a un charme fou. J’aime ses couleurs et ses lumières ! C’est extraordinaire d’être ici, on peut tout chiner, de la cuisine à la salle de bain, en passant par les bijoux et les vêtements. La force de ce marché, c’est la richesse humaine que représentent les marchands, qui savent imposer leurs choix. Ces antiquaires aux spécialités diverses font de Paul Bert Serpette un prescripteur de tendances unique. Une grande famille dans toute sa splendeur, ou il fait bon vivre et ou l’inspiration jaillit au gré des allées.

 

Quelle pièce de votre stand vous tient à cœur en ce moment ?

Je présente ce très beau vase de Jean Besnard qui est d’une taille un peu exceptionnelle. C’est un modèle pansu doté d’une sublime couleur bleue, ce qui est assez rare. Jean Besnard a toujours une base de terre noire sur laquelle il dessinait à la main, et c’est ensuite qu’il vient poser sa couleur. On retrouve un côté un peu africaniste caractéristique des années 30-40. Le décor de ce vase est très bucolique. Quand j’ai vu cette pièce, ce fut tout de suite un coup de cœur. Il va bien falloir s’en séparer, et c’est toujours un peu triste mais j’aurais eu la chance de l’avoir un moment sur mon stand et de pouvoir en parler à des clients passionnés.