Alban Ferrari – Circa 51 - "Less is more"

Si Alban Ferrari rime avec French modernity, ce n’est sans doute pas un hasard. C’est avec beaucoup de passion que ce jeune marchand défend les lignes épurées du design français. Mur jaune tout droit tiré d’un ensemble du Salon des Artistes Décorateurs de 1957, pièces élégantes et fonctionnelles vous plongeront dans un univers qui vous rappellera sans doute quelques souvenirs…

Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours assez peu académique. Tout a commencé à Toulon, dans un magasin vintage que j’ai monté il y a 6 ans. Je vendais un peu de tout, des vêtements, des disques, des revues… des années 50 aux années 80. Au départ peu de mobilier et d’objets de décoration, puis peu à peu je me suis intéressé aux meubles et aux arts décoratifs de manière un peu plus pointue. A un moment donné, j’ai eu envie de me spécialiser dans ce domaine qui me plaisait réellement, et le meilleur moyen de me confronter à ce marché était de m’installer à Paul Bert Serpette. Cela fait maintenant deux ans que je suis ici.

Parlez-nous de votre spécialité

Je me suis spécialisé dans le mobilier et les objets d’art des années 50 aux années 70, principalement de créateurs français. Mon intérêt pour le design français n’est en aucun cas une sorte de snobisme ou du chauvinisme, j’aime les lignes simples et épurée, les angles droits, les matériaux pas forcément nobles mais bien travaillés, les lignes sans fioriture. J’aime le minimalisme du design des héritiers de l’Union des Artistes Modernes.

D’où vous vient ce goût pour le vintage ?

Quand j’étais enfant, il y avait ce type de mobilier chez mes grands-parents. Des chaises Tonneau de Pierre Guariche, une enfilade de Gérard Guermonprez et d'autres meubles des années 1950 très modernes pour l'époque… ces pièces de mobilier français m’ont marquées et ont sans doute contribuées à forger mon goût. Je suis également très intéressé par la culture dans sa globalité, l’art de vivre, la culture rock. J’aime essayer de comprendre comment vivaient les gens.

Comment pensez-vous la mise en scène de votre stand ?

Je ne raisonne pas réellement mon stand comme un ensemble, mais j’essaie d’arriver à une harmonie, sans forcement tout prévoir. Si j’achète une pièce qui me plait, il est très probable qu’elle aille avec le reste des objets de mon stand. L’harmonie s’est faite dans les années 50 puisque toutes ces pièces étaient déjà présentées ensemble dans des showrooms. J’aime retrouver des publicités anciennes représentant les mêmes ensembles de meubles que je constitue. Pour apprendre sur les pièces, je ne pratique pas vraiment Internet, je préfère consulter les revues d’époque qui montrent de vraies ambiances, j’y passe beaucoup de temps et mon œil est marqué par cela.

Pourquoi vous êtes-vous installé à Paul Bert Serpette ? Que représente ce marché pour vous ?

Paul Bert Serpette est le lieu obligatoire si l’on souhaite se spécialiser dans un domaine précis. C’est le marché d’où sortent les nouvelles tendances et où se trouvent d’excellents marchands. Quand j’ai voulu m’installer, c’était à Paul Bert Serpette et nulle part ailleurs. Concernant le design du 20ème et notamment des années 50, c’est ici que le marché s’est créé, c’est le pôle principal pour le marché des années 50 à 70.

Pouvez-vous nous présenter l’une des pièces de votre stand ?

La dernière pièce que j’ai achetée est un lampadaire de Joseph-André Motte, modèle J1, daté vers 1960 et édité chez Disderot. Il est très élégant, très fonctionnel, il éclaire très bien la pièce. Sa base est en bois laqué noir, son montage est très artisanal. C’est un classique du luminaire français de l’après-guerre. Ce n’est pas forcément un objet très rare, mais je trouve qu’il synthétise parfaitement l’esprit que je souhaite donner à mon stand.