Dans l’œil d’Hugo Greiner : le panneau de Willy Ceysens

D’un naturel amusé et curieux, Hugo Greiner nous présente cette semaine une pièce qui ne laissera personne indifférent : un grand panneau en acier inoxydable signé Willy Ceysens.

 

« Ce panneau est une pièce unique commandée dans les années 70 à l’artiste créateur Willy Ceysens pour un building dans une région proche de Bruxelles. Une adresse prestigieuse : de grands bureaux où se côtoient des pièces éditées par Herman Miller, du Jules Wabbes… Ce panneau était destiné à trôner dans le hall d’accueil afin d’apporter à l’espace une certaine modernité inspirée du travail de Pol Bury, un artiste belge proche du mouvement cinétique. Réputé pour ses tables mouvantes, Pol Bury a notamment créé les grandes fontaines près des colonnes de Buren à Paris.

 

Mais revenons à Willy Ceysens, l’artiste signe là une pièce atypique de caractère. L’aspect brutaliste, presque déconstructiviste, important en Belgique dans les années 70 se ressent au travers de cette création. Le brutalisme n’était pas uniquement réservé au mobilier mais s’ouvrait également à la sculpture et à la décoration. La présence de sphères sur le panneau est une parfaite allusion à l’époque, où volumes et rondeurs trouvent leur juste place parmi les motifs psychédéliques et les formes géométriques.

 

Au travers de cette pièce, notons qu’il y a une différence de style à faire avec son travail en fonte d’aluminium, reproductible indéfiniment. Ce panneau est une pièce unique née d’une commande spéciale ; dont l’aspect inédit est davantage lié à l’œuvre qu’au créateur.

 

Le travail de soudure est excellent, d’une grande qualité et souligne une maîtrise de différentes techniques. Le plié est original et l’aspect patiné, frotté, remarquable. Relativement imposant, le panneau mesure 2,24 m par 2m et son côté Space Age le démarque des autres panneaux décoratifs. Celui-ci est tout droit sorti d’un film de science-fiction dans mon imaginaire et retranscrit parfaitement l’extravagance maîtrisée des années 70.

 

Etant en acier inoxydable, il pourrait être présenté en extérieur. Je l’imagine tout en contraste, en rupture avec le végétal environnant, comme sorti de nul par et pourtant parfaitement ancré dans l’atmosphère. Ou bien peut-être dans un intérieur très design aux lignes graphiques ou plane l’esprit d’un décorateur averti… »

 

Nouveaux objets de Hugo Greiner