Dans l'oeil de Céline Faraud Luzu

Collectionneuse et décoratrice, Céline Faraud Luzu propose une première installation à la galerie Pradier-Jeauneau. Entre le 02 et le 18 décembre, nous pourrons ainsi découvrir son univers, une atmosphère chaleureuse, un subtil équilibre entre design et artisanat, pièces signées et mobilier chiné avec soin, patiné par le temps, dans un esprit maison de famille.

Lorsque la galerie Pradier-Jeauneau me propose ce projet pour la période de fin d’année, l’évocation de Noël a immédiatement raisonné en moi ! C’est avant tout un moment familial. Dès que j’y pense, c’est le souvenir de fêtes en Corse, avec toute la famille réunie, qui s’impose à moi.

L’esprit de Noël, avec ses nombreux symboles, notamment celui de la nativité, m’apparait plus intensément et avec plus d’authenticité en Corse, tout comme en Provence d’ailleurs  -où je passe à présent beaucoup de temps-, j’ai ainsi choisi d’imaginer un univers dans lequel se mêleraient toutes ces inspirations, comme une madeleine de Proust, j’ai déroulé le fil de mes souvenirs et nourrit mon imaginaire et mon goût pour un certain art de vivre : le décor est posé avec un ton terracotta profond, qui évoque les feux de cheminée, les clémentines corses, relayé par la chaleur du velours d’un lit de repos ou le cuir patiné d’un canapé accueillant, une longue table de ferme, un peu rustique, presque monacale réunie la famille, les matières sont douces, moelleuses , la céramique, une de mes grandes passions, est joliment représentée, des pièces de mobilier plus graphiques trouvent place et viennent contrebalancer les éléments brutalistes de cette composition, la symbolique de Noël est suggérée par un délicat accrochage d’un décor mural. Le défi est d’arriver à créer un univers cohérent et harmonieux, qui me ressemble, en puisant largement dans la collection de la galerie d’une part, mais en décloisonnant, en insufflant, par petites touches, ici et là, un soupçon de bohème, un esprit maison de famille, entre chic et rustique, Corse et Provence.

  Ce goût du mélange, c’est un peu la signature de ma décoration d’ailleurs. Oser les contrastes, oser mixer les styles, les designers, les époques, c’est proposer une décoration qui ne nous fige pas dans une période, en dehors de tous diktats ou codes, une décoration libre et intuitive.
Ainsi, pour cette installation, il est primordial pour moi que l’on puisse trouver à côté d’éléments rustiques, de facture artisanale, des pièces plus épurées. .Des créations  des années 80 par exemple, et leurs lignes noires minimales, dialoguent alors librement avec des céramiques des années 60 ou des éléments décoratifs plus traditionnels.

Durant la réalisation de cette installation, j’ai découvert l’envers du décor de Paul Bert Serpette, les stands en chantier, les livraisons qui s’enchainent, les camions dans les allées…tout cela est très riche et stimulant et témoigne d’un marché toujours très vivant !

Je connais et fréquente ce marché depuis plus 25 ans et j’y ai évidemment de très nombreux souvenirs…Avec mon époux, dans les années 90, encore étudiants, nous y passions une grande partie de nos week-ends, nous y formions notre œil de tout jeunes collectionneurs, apprenions beaucoup des échanges avec les marchands, créant même des liens d’amitié avec certains, nous commencions à chiner à l’époque et notre goût prononcé pour la céramique est sans aucun doute né dans ces allées.

Nous avons continué à venir ensuite avec nos enfants, dès leur plus jeune âge (en porte-bébé et poussette) et, week-end après week-end, à leur transmettre peut-être un peu le goût des beaux objets, des belles lignes, des belles patines, bref notre passion pour le design. Nous avons fait et faisons encore tant de découvertes et belles acquisitions ici.

 Et lorsque l’on me demande conseil pour des achats, je dis « Allez aux puces ! Allez à Paul Bert Serpette ! » Vous y trouverez forcement votre bonheur !