Dans l’œil de Laurent Vanlian, Le fauteuil Dagobert de Luigi Frullini
Cette semaine, nous vous proposons une halte en Italie, à la rencontre de Luigi Frullini, un artiste dont les œuvres sont présentes au Musée d’Orsay, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, au Metropolitan Museum de New York, mais aussi à Paul Bert Serpette chez Laurent Vanlian…
Luigi Frullini est né à Florence en 1839. Son Père sculpteur, lui transmet le goût pour le métier, avant de fréquenter l’Académie des Beaux-Arts. En 1861, il connu son premier succès à l’Exposition Nationale Italienne de Florence où il expose deux bas-reliefs en jujubier représentant Pier Capponi et Charles VIII. Cette œuvre sera ensuite envoyée à l’Exposition Internationale de Londres où Frullini reçu une distinction. Il ouvre ensuite à Florence un atelier qui, en 1867, compte dix doreurs et forgerons, dix ouvriers et de nombreux apprentis. Son atelier deviendra le plus grand de la ville et ses modèles d’ornementation seront bientôt adoptés dans les écoles de l’Empire austro-hongrois.
Ses meubles seront connus dans toute l’Europe et aux Etats-Unis. En France, Luigi Frullini propose des pièces sculptées de luxe. Au Musée d’Orsay, est toujours exposé un spectaculaire cabinet en noyer orné de compositions naturalistes.
Luigi Frullini n’a réalisé que des pièces uniques, dans un esprit toujours décalé, dans le gout de la Renaissance.
Le fauteuil présenté chez Laurent Vanlian, de forme dite Dagobert, en noyer massif et pivotant présente un décor néo-renaissance emprunt d’une influence italienne indéniable. Le dossier évoque la forme d’une coque de bateau, tout en évoquant le manche d’une mandoline. L’ornementation de ce meuble est très poétique et renvoi à l’univers de l’opéra italien et de l’eau… Sans doute un hommage à Venise, ville que l’artiste affectionnait particulièrement.
Ce siège au décor très poussé est une preuve de la grande maitrise de la sculpture de Frullini. L’assise finement ornée, à l’imitation des cuirs de Cordoue est remarquable.
Ce fauteuil, indéniablement d’apparat, nous plonge dans un univers lyrique et invite à la rêverie…

