Edouard Demachy, parole d’expert : Les années 50 à Vallauris

Pour Edouard Demachy, la céramique est avant tout une histoire d’amour. Sensualité de la matière et couleurs chatoyantes, cet expert reconnu a succombé aux charmes de la céramique et a commencé à la collectionner il y a plus de 20 ans déjà. Mais que serait cette passion sans le plaisir de la partager avec les collectionneurs, confirmés ou néophytes, en quête de la perle rare…

 

Les années 50 sont ce qu’on appelle, l’âge d’or de Vallauris. C’est un centre où se sont retrouvés un grand nombre de céramistes, travaillant d’un côté la faïence, de l’autre cette fameuse terre rouge caractéristique de Vallauris. Ces artistes avaient une production très importante, pas uniquement des pièces de forme, mais également des pièces utilitaires. De grosses séries étaient ainsi distribuées à un large public, répondant à une forte demande durant cette période d’après-guerre. Les années 50 sont par conséquent, synonyme de forte diffusion des pièces de Vallauris.

La majorité des grands céramistes des années 50 viennent de Vallauris, c’est l’un des centres les plus importants durant cette période.

A mon sens, les deux figures d’artistes importants, emblématiques de cette région sont Roger Capron et Suzanne Ramié avec l’atelier Madoura.

Roger Capron travaillait la faïence émaillée et avait 8 salariés dans son atelier. Nous sommes donc face à une production de masse, contrairement à Suzanne Ramié qui façonnait elle-même cette fameuse terre rouge pour réaliser des pièces de forme uniques. C’est sans doute ce qui a du attirer Pablo Picasso quand il est venu s’installer à l’atelier Madoura.

Un conseil pour un investissement ?

Avant tout, il faut cibler le budget dont dispose le client, mais il faut aussi qu’il y ait un coup de cœur.

Les pièces de Roger Capron constituent une valeur sûre. Ces derniers temps, les prix sont à la hausse et de grandes galeries comme Chastel Marechal, ont présenté de grands vases à oreilles. Chez Capron, on trouve une grande variété de pièces et par conséquent, une grande variété de budgets. Un collectionneur néophyte pourra donc acheter des pièces intéressantes avec un budget restreint.

Au-delà de Capron, je vais orienter les potentiels acquéreur vers les 20 plus grands céramistes car un collectionneur ne voudra jamais que sa collection soit figée. Il souhaitera forcement la faire évoluer, tant sur un plan financier qu’au niveau de la variété des objets que sa collection contiendra. J’essaie de les aiguiller vers la qualité, tout en ne négligeant pas l’aspect financier.