Elsa Halfen, le choix des émotions

Elsa Halfen
Elsa Halfen

Découvrir le stand d’Elsa Halfen, c’est avant tout s’imprégner d’un univers. Un univers d’objets choisis avec le cœur, et cela se sent. Sa ligne de conduite ? Laisser parler ses émotions, mais surtout transmettre des objets chargés d’histoires aux amateurs et esthètes sensibles… Alors laissez à votre tour s’exprimer votre sensibilité et partez à sa rencontre.

Quel est votre parcours ?

Mon parcours professionnel a débuté dans la pub. Cette activité me laissant pas mal de temps libre, j’allais régulièrement à Drouot, qui pour moi est la meilleure école, car on peut y voir un grand nombre d’objets. Je me suis d’abord intéressée à l’art primitif et à l’art populaire. Au bout de 5 ans, j’ai décidé de tout plaquer pour ouvrir une boutique que j’ai gardé 15 ans et dans laquelle j’ai débuté en vendant de l’art populaire. Je suis ensuite partie 5 ans exercer mon activité aux Etats-Unis. Quand je suis revenue en France, j’ai eu envie de m’associer car pour moi, travailler seul n’est pas épanouissant. Je connaissais déjà Clément Rosenzweig et je lui ai proposé une association, cela fait maintenant 15 ans que nous travaillons ensemble. Nous avons commencé en faisant des salons et au bout d’un moment, au lieu de remiser notre marchandise en attendant le prochain, nous avons trouvé judicieux de prendre un stand. C’est comme cela que nous sommes arrivés à Paul Bert Serpette.

Quand on travaille à deux, on est dans le partage et cela nous permet de regarder des choses sur lesquelles nous ne nous serions peut-être pas arrêtés. Clément a étudié à l’Ecole du Louvre et a un parcours beaucoup plus classique, il y a donc entre nous une véritable complémentarité. Nous avons un gout assez proche, mais lui est un peu plus classique et va apporter quelque chose d’autre à mon regard. Je suis peut-être davantage dans l’émotion que lui, qui est plus académique. C’est une belle association mais surtout une grande amitié.

Que trouve-t-on sur votre stand ?

Je ne sais pas si nous avons vraiment une spécialité… Nous aimons les belles matières, les lignes assez épurées. Nous avons une grande satisfaction à mélanger les genres et à apporter une harmonie avec différents styles. Vous pouvez trouver sur notre stand un meuble Louis XVI avec un tableau abstrait des années 60, c’est ce qui fait vivre les choses. Cela créé une dynamique et c’est ce que l’on essaie de montrer, de ne pas s’arrêter à une époque mais de mélanger les choses pour créer une harmonie.

Comment choisissez-vous vos pièces ?

Je peux être émue par une matière, une forme… L’émotion parle souvent en premier, c’est vraiment quelque chose de difficile à décrire… Quand on est attiré par l’art africain et l’art populaire, on s’aperçoit que ce sont les matières et les formes qui nous touchent. Notre travail, c’est d’oser, d'assumer son goût et l’imposer en quelque sorte.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

La richesse de Paul Bert Serpette, c’est sa diversité, ce brassage de gens aux parcours différents, de personnalités différentes. Paul Bert Serpette, c’est la source. Quand on part chiner en province, on s’aperçoit qu’on ne retrouve nulle part une telle quantité d’objet et une si belle sélection.

Quel est votre rapport aux objets ?

Je n’ai jamais été collectionneuse, j’ai du mal à garder des objets. Ce qui m’intéresse, c’est la transmission. Je suis plus attachée à la personne qui va acheter l’objet car j’apprécie le partage avec les gens. Cela m’est arrivé d’avoir les larmes aux yeux non pas en parlant de l’objet, mais en ressentant ce que la personne me renvoyait.

Ce qui me plait, c’est de transmettre quelque chose que j’ai vraiment aimé. Je suis émue par le fait qu’un objet de ma sélection puisse plaire à quelqu’un d’autre. Quand je n’ai pas de bon feeling avec une personne, cela me fait mal au cœur de lui céder une pièce. Transmettre un objet n’est pas anodin, on lui refait vivre une seconde vie dans un autre univers et c’est à nous de créer cet autre univers. Notre responsabilité est importante.

Quel est l’objet qui vous tient le plus à cœur en ce moment ?

Au fil du temps, on a de plus en plus de mal à avoir des coups de foudre.

Je peux vous présenter ce tableau abstrait des années 70 que j’aime beaucoup. Je n’ai pas grand-chose à dire dessus car ce qui est important, c’est ce avec quoi nous pouvons l’associer. Mixer des choses abstraites des années 70 avec des objets beaucoup plus classiques est très intéressant. Le plus important c’est le mélange et non la pièce en elle-même.