Emmanuel Renoult, le plaisir de l’accumulation

Petit théâtre où l’on se plait à circuler pour découvrir les nombreuses trouvailles de ce collectionneur invétéré, le stand d’Emmanuel Renoult est un plaisir pour les amoureux de la chine. Grands canapés éclairés par la lumière du jour filtrée par les vitraux colorés, accumulations de céramiques d’Accolay disposées sur des petites tables de Jacques Adnet, venez découvrir les objets qui ont fait battre le cœur d’Emmanuel et qui feront, à coup sûr, vibrer le vôtre.

 

Quel est votre parcours ?

J’ai grandi aux côtés de ma mère antiquaire, je la suivais sur les foires professionnelles. C’est donc très naturellement que j’ai commencé à collectionner. De collectionneur, je suis passé à accumulateur, et d’accumulateur à marchand. Mon parcours ressemble à celui de beaucoup d’antiquaires qui débutent en chinant pour le plaisir, puis vient un moment où le plaisir dépasse le stade de la décoration, et il faut commencer à vendre.

En 1995, je me suis installé dans l’allée 4 de Paul Bert, dans un petit stand partagé avec 2 associés. J’ai ensuite eu l’opportunité de prendre un espace beaucoup plus grand dans l’allée 7. C’était une grosse prise de risque, je passais de 6m2 partagés à trois, à 30m2 seul. C’était presque trop grand ! Mais étant un boulimique de l’achat, je l’ai très vite rempli. Je présentais des pièces de l’antiquité à nos jours, mais avec une préférence pour le 18ème et le 19ème siècle.

Que trouve-t-on sur votre stand ?

Aujourd’hui, je continue à être généraliste. J’aime toujours le 18ème et ses bois dorés, et je continue à en acheter de temps en temps, mais cela représente moins de 5% de mes achats. Je suis aussi capable de craquer sur un fauteuil de maharadjah du 19ème. Maintenant, mon goût évolue vers le 20ème, j’achète des pièces référencées mais c’est loin d’être le plus important. Je préfère défendre une pièce réalisée par un inconnu qu’une dont la cote est déjà établie.

Les plafonds hauts de mon stand me permettent également de me faire plaisir en présentant de grands panneaux en vitrail, véritables objets-sculptures et éléments d’architecture. J’aime les pièces qui prennent de la place.

J’aime réaliser des décors qui vont faire plaisir aux gens qui viennent me voir et j’achète souvent des pièces en pensant à certains de mes clients. Il faut cependant que je sois le premier conquis par l’objet. Il y a des pièces que j’aime tellement que je n’ai pas envie de les vendre.

 

Quel objet de votre stand n’avez-vous pas envie de vendre ?

En général, je n’ai jamais envie de vendre la dernière pièce que j’ai acheté. Pour que je puisse vendre, il faut que l’objet s’use un peu dans ma tête.

J’ai récemment acheté ce tableau qui date peut-être des années 60-70 et que j’ai un peu caché… Je le trouve assez fort, c’est presque de l’Arte Povera. Il est réalisé avec du papier, de la peinture, de la toile. Il s’en dégage à la fois quelque chose de visible et d’invisible. Je l’aime beaucoup. De manière générale, les sculptures et les tableaux sont des pièces que j’ai envie de garder car cela touche à quelque chose de très sentimental et d’intime.

 

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Paul Bert Serpette est un véritable théâtre. Les marchands en sont les acteurs, créent le décor le matin et le démontent le soir. A la base, les marchands étaient tous ambulants et ici, ils continuent d’une certaine manière cette tradition en déballant. Ce sont des esprits libres.