La Bague S de Jean Vendome
En 1966, voit l'émergence de la bague S par l'artisan Jean Vendome, qui étend ensuite la gamme en y ajoutant un bracelet, un collier, une paire de clips d'oreilles, et enfin la bague Double S. Arborant une esthétique "architecturale", cette bague puise son inspiration dans la forme du compte-fils et se décline en or gris ou en or jaune. Agrémentée de pierres précieuses ou fines, elle peut même se parer d'un modèle exhibant un diamant de 10 carats. La pierre, habilement sertie sur trois côtés, dévoile sa culasse en suspension dans le vide. Dans certains cas, la monture se pare de diamants de taille brillant ou en baguette.
Cette collection remporte un franc succès, avec la bague S obtenant une place de choix dans le Larousse des bijoux, aux côtés de la broche œil de Salvador Dali. Jean Vendome persiste dans la création de cette bague jusqu'aux années 80, pour la reprendre de nouveau dans les années 2000. Chaque pièce de la collection se distingue par son caractère unique.
La magie de cette bague réside dans sa sertissure carrée en relief, permettant à la culasse de la pierre de flotter dans le vide. Contrairement aux sertissures conventionnelles en forme de panier, la pierre n'est pas enfermée au fond d'un creux. Elle est délicatement sertie sur trois côtés, préservant ainsi presque toute sa surface visible. Le dessin de cette série m'enchante particulièrement. Il se veut épuré, simple, offrant à la pierre une expressivité maximale. Parti à l'origine d'une forme architecturale rectangulaire, le dessin évolue progressivement pour évoquer un compte-fils, cette loupe à fort grossissement permettant d'observer des détails invisibles à l'œil nu. Le dessin épuré de cette série permet à la pierre d’exprimer tout son potentiel.
Sources : Marlène Crégut-Ledué, Jean Vendome, les voyages précieux d'un créateur, éditions Faton
