La ligne franche de Julien Spitzer

Jeune marchand plein d’envies, Julien Spitzer a soif de connaissances. Lignes franches et épurées, son stand est le reflet d’une personnalité bien affirmée, où cohabitent pièces de grands designers et objets coup de cœur.

Quel est votre parcours ?

Tout petit déjà, je passais mes week-ends aux Puces. Mon père étant marchand, j’ai baigné dans cet univers depuis ma plus tendre enfance, pourtant je n’étais pas du tout attiré par ce métier. Après avoir fait du sport à haut niveau jusqu’à mes 18 ans, j’ai un peu travaillé dans la répartition pharmaceutique. Mon père m’a ensuite proposé de venir apprendre le métier d’antiquaire à ses côtés. J’ai commencé par me cultiver sur l’Art Nouveau et l’Art Deco et me suis intéressé ensuite aux années 50-60-70. J’ai d’abord un peu travaillé avec mon père, puis j’ai eu une boutique avec un ami durant deux ans. J’ai ensuite travaillé en direct avec les décorateurs ou des clients qui avaient des demandes particulières. Je suis maintenant installé à Paul Bert Serpette depuis 4 ans.

C’est un peu sans m’en rendre compte que je me suis mis à faire ce métier. Cela s’est fait peu à peu, j’ai accumulé des connaissances en me documentant et en accompagnant d’autres marchands dans des expertises. C’est un travail de longue haleine et l’on se retrouve vite à travailler 7 jours sur 7.

Quel est votre spécialité ?

Je présente du mobilier et du luminaire des années 50 à 70. Je ne saurais pas vraiment comment expliquer mon intérêt pour ces années-là, c’est avant tout un ressenti. J’aime les belles lignes épurées de cette période. Il faut qu’il y ait un feeling avec l’objet. Evidemment, j’aime les grands designers cotés, mais je peux très bien présenter des pièces de designers anonymes. Je suis attentif à la ligne, au touché, au coup de cœur.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Actuellement, c’est le meilleur marché. Paul Bert Serpette est un prescripteur de tendances, les plus grands marchands y sont présents et les plus grands décorateurs viennent s’y approvisionner. C’est aussi l’endroit où les stars aiment se balader.

Quelle pièce de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

J’ai tout un ensemble de Luigi Gorgoni, un architecte milanais, qui date de 1974. Il comprend une table, deux chaises, un banc et une table basse, le tout en bois d’orme. Ces pièces ne ressemblent pas à ce qu’il a réalisé couramment, elles possèdent une très belle ligne sculpturale et brutaliste. On a l’habitude de voir des pièces françaises assez semblables mais beaucoup plus rarement italiennes.

Comment envisagez-vous votre métier dans le futur ?

C’est un métier en constante évolution. Cela fait environ 4 ans que je suis installé à Paul Bert Serpette et je me vois bien y rester. Il faut beaucoup de temps pour devenir un marchand confirmé et la particularité de ce métier c’est qu’on apprend tous les jours. Je pense que ce métier me réserve encore de belles surprises.