Les mille et une vies de Florian Baudenon

Passionné de sculptures et de mobilier d’artiste XXème, Florian Baudenon est un marchand « du sérail ». Après avoir occupé divers stands aux quatre coins de Paul Bert Serpette, cet antiquaire connaît le marché comme sa poche et n’a pas fini de vous surprendre…

Parlez-nous de votre parcours

J’ai commencé ce métier en 1995, à l’âge de 23 ans, grâce à l’antiquaire Olivier Jean Elie. Marchand depuis 20ans, Olivier m’a pris sous son aile et formé au métier pendant trois ans. Nous nous sommes ensuite associés et vendions essentiellement des pièces l’Art Déco et du mobilier 1940. En parallèle de mon apprentissage, je me suis lançé, très vite, dans mes premiers achats, avec plus ou moins de succès. Les " erreurs " permettant d’apprendre et les réussites de se prendre au jeu !

Nous nous sommes ensuite installés à Paul Bert Serpette en 1998 et tournés vers des pièces années 70. La passion s’est emparée de moi et mon désir de découvrir de nouvelles pièces d’artiste n’a fait que grandir. Des pièces de créateurs comme Claude de Musac, Maria Pergay, Marie Claude de Fouquiere, et tant d’autres, faisaient leur apparition dans les allées. Le succès n’était pas annoncé mais nous aimions ça, question de goût.

Aujourd’hui, après deux ans d’absence, me voilà de retour à Paul Bert Serpette, essayant d’apprendre des plus jeunes, une réelle source d’inspiration. Voir de nouveaux marchands motivés s’adapter aux outils de communication et redessiner quelques aspects du métier encourage les anciennes générations à évoluer avec leur temps. Un antiquaire passionné est un travailleur acharné. J’ai également mon beau-fils de 18 ans à mes côtés, Pablo, très sensible au métier d’antiquaire. Je crois lui avoir transmis ma passion…

 

Qu’est-ce que le métier d’antiquaire vous inspire ?

L’essence même de ce métier réside en la quête infinie de renouveau. Il n’y a rien de plus excitant que de trouver une pièce que l’on n’a jamais vue... Le plaisir de découvrir un objet, d’effectuer les recherches nécessaires à son authentification, d’en comprendre l’usage, l’esthétique ou le courant. La documentation est effectivement une partie du métier qui m’a toujours beaucoup amusée, même à l’époque « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », sans internet… 

 

Je ne me vois pas faire autre chose, la liberté qu’offre le métier d’antiquaire est introuvable ailleurs. L’appel du métier est plus fort et résonne en chacun de nous. Le contact avec la clientèle est tellement enrichissant, au-delà du plaisir de l’achat réside le plaisir de l’échange.

 

L’ultime ravissement reste ainsi de vendre le « bon objet » à la « bonne personne ». Rien de plus gratifiant à mes yeux que de voir un client émerveillé par une pièce, qui saura la mettre en valeur et la placer dans le décor adéquat. C’est alors que l’échange client-marchand prend tout son sens et participe à la magie du métier.

 

Pourquoi Paul Bert Serpette ?

C’est un marché dans lequel je me sens bien et dans lequel je trouve ma place, la clientèle est réceptive à mes propositions. Paul Bert Serpette est aussi en constante évolution. Les allées accueillent de nouveaux marchands portant un regard différent sur le marché de l’art avec de nouvelles méthodes de travail. Je pourrais presque dire qu’ils sont plus sérieux que nous l’étions il y a vingt ans de cela. Nous resterons LE marché des Puces de Saint Ouen, tant que nous continuerons de proposer des objets anciens et que nous veillerons à honorer notre profession.

 

Quelle est votre spécialité ?

Je présente du mobilier XXème avec un léger penchant pour la sculpture et le mobilier d’artiste… Il est impératif pour moi d’aimer les pièces que je vends, chacune d’entre elles retrace en quelque sorte mon parcours. Mon stand est donc principalement composé de meubles des années 1950 à 1970. Je ne cherche pas des « noms » mais des objets. Je prends beaucoup plus de plaisir à vendre un objet à un client subjugué par sa beauté plutôt que par son Designer.  

 

Présentez-nous votre dernier coup de cœur

Une sculpture éclairante de Serge Mansau datant des années 1970. Elle provient de l’atelier même du designer. Cet objet me ramène à mes amours premières : le mariage du plexiglas et du métal. Je n’avais jamais vu cette « lampe » et pouvoir chiner une pépite comme celle-là constitue un pur bonheur. Je suis persuadé qu’il reste encore une multitude d’artistes et de pièces à découvrir…