Maxime de Laurentis, digne héritier du minimalisme

Passionné de mode d’avant-garde, Maxime de Laurentis est intarissable sur l’histoire des pièces qu’il sélectionne et présente avec soin. Minimaliste dans l’âme, l’épure des lignes, la souplesse des formes et la poésie des tissus l’inspirent dans ses choix les plus pointus. Son univers et sa maîtrise technique ont su conquérir une clientèle de renom, aussi bien sensible à sa sélection qu’à son expertise.

Quel est votre parcours ?

Je suis styliste de formation. Après 7 ans chez Margiela puis Saint Laurent j'ai décidé d'ouvrir mon espace afin de proposer mon aide stylistique en faisant la promotion des vêtements et accessoires Vintage. J’ai choisi de m’installer à Paul Bert Serpette car lorsque je travaillais chez Margiela, je faisais mes recherches en chinant aux Puces pour m’inspirer d’objets que je puisse retranscrire, de couleurs, de textures. Au départ sur mon stand, je présentais les vêtements accompagnés de meubles, puis peu à peu je me suis concentré sur la mode.

Quelle est votre spécialité ?

Je défends le courant des créateurs minimalistes et d'avant-garde apparu à la fin des années 70's avec les Japonais Yohji Yamamoto et Rei Kawakubo pour la marque "Comme des Garcons", ainsi qu'Issey Miyake. A cela je présente des pièces d'archives des stylistes belges appelé " 6 d'Anvers" et Martin Margiela, ainsi que des pièces des créateurs Helmut Lang et Jil Sander afin de parfaire ma proposition de curation et d'expertise.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Je suis petit fils et fils d'antiquaire et même si ma famille n'a jamais exercé à Paul Bert Serpette, ce marché a toujours été synonyme de laboratoire, poussant les limites pour faire redécouvrir des courants artistiques, et certains designers de meubles et d'objets. A ce titre j'ai voulu et choisi ce marché afin de faire la même chose dans cet art appliqué qu'est la Mode. Je ne suis pas ici par hasard. Evoluer dans ce milieu me nourrit continuellement. Je suis entouré de marchands créatifs qui ont beaucoup de talent. Je trouve mon inspiration en me baladant dans les allées, nous travaillons en symbiose avec les autres marchands.

Pouvez-vous nous présenter une pièce de votre stand qui vous tient à cœur ?

Je présente une pièce du designer Martin Margiela datant du printemps 1999. Il s'agit d’un agrandissement à 200% d'une plaque de poupée G.I Joe pour en faire un collier.
Cela transcende la notion d'accessoire et devient un objet à part entière. Cette pièce a été exposée récemment au Musée Galliera durant l’exposition Margiela / Galliera, 1989-2009. Elle est iconique car c’est la première fois qu’un styliste agrandit un objet pour en faire quelque chose de différent. Margiela passe cet objet au microscope afin de le mettre en évidence et que l’on puisse s’attarder dessus. Certains le verront comme un collier, d’autres comme un objet de décoration. Je pourrais en parler des heures...

Comment voyez-vous le métier d'antiquaire ?

Comme un rubik's cube, il change de semaines en semaines. Nous, marchands le faisons évoluer par rapport aux demandes des clients mais il change aussi car les clients, professionnels ou non, viennent à Paul Bert Serpette pour s'inspirer. C'est un bel écosystème qui se répond. A cela rajoutez les nouvelles technologies qui, avec la 5g, nous permettront bientôt de faire des photos 3d et vous avez un métier d'antiquaire paré pour de nouvelles aventures.