Thomas Chabolle, une passion plus forte que la raison

Si l’histoire ne promettait pas à Thomas Chabolle un avenir d’antiquaire, la passion l’a rattrapé, plus forte que la raison. Sensible au beau et poète qui s’ignore, ce marchand a finalement suivi les traces de sa famille. Venez découvrir sur son stand des scénographies inspirantes ou mille univers s’embrassent pour trouver grâce à vos yeux. 

Parlez-nous de votre parcours

J’ai un parcours très atypique, je n’étais pas du tout destiné à devenir antiquaire. J’ai d’abord fait des études de physique pour ensuite bifurquer vers le journalisme, métier que j’ai exercé en Italie jusqu’à mes 30 ans.

Mon lien avec le monde de la chine est pourtant filial, trois générations d’antiquaires dans ma famille. Sans pour autant vouloir être marchand, j’ai donc toujours aimé les objets d’art, les tableaux et sculptures, ayant baigné dedans depuis ma plus tendre enfance. J’en ai vu défiler un nombre incalculable chez ma grand-mère, chez mes oncles et chez mes parents, ce qui m’a implicitement sensibilisé et qui a développé ma curiosité pour cet univers.

Un jour, le destin m’a pourtant rattrapé. En bas de chez moi, en Italie, se trouvait une salle des ventes. Je m’y suis arrêté et j’ai acheté une sculpture, un dessin et des petits bas-reliefs en bronze, sans trop savoir pourquoi. Je me revois encore lever le doigt de façon machinale, séduit par la beauté des objets. Je les ai rapporté en France pour les confier à mon père afin qu’il les vende aux Puces, ce qu’il fit. La passion est née comme cela. J’ai réalisé que l’on pouvait gagner de l’argent en vendant des objets et me suis pris au jeu. J’ai alors commencé en Italie, en parallèle de mon métier de journaliste pour ensuite rentrer à Paris.

 

Pourquoi avoir choisi de revenir à Paris pour vous installer à Paul Bert Serpette ?

J’ai longuement réfléchi avant de quitter mon métier dit « stable » pour un métier plus incertain au quotidien. Beaucoup de marchands ont des parcours surprenants, il n’y a pas d’écoles, nous venons tous d’horizons différents et c’est la richesse du métier. La passion était née, je l’ai donc laissé parler. Ma famille étant installée à Paul Bert, j’ai suivi la tradition familiale et suis rentré à Paris, cela me semblait être la suite naturelle.

 

Avez-vous une spécialité ?

Je n’ai pas réellement de spécialité, j’achète pas mal de tableaux, d’objets et de sculptures, mais moins de mobilier. J’ai toutefois un attrait grandissant pour la sculpture. Peu importe l’époque ou la signature, ce qui m’attire en premier lieu, c’est sa matière et son volume, j’aime la toucher…  J’aime également son aspect décoratif. Malgré mon penchant pour la sculpture, je n’ai sentimentalement parlant, aucun problème à me détacher des objets. J’achète pour vendre, pour vendre du beau. Ainsi, je n’achète pas en fonction du goût de potentiels clients, il faut que la pièce me plaise d’abord si je veux pouvoir la vendre.

 

Comment s’organise votre stand ?

J’essaie d’harmoniser les pièces de mon stand afin de proposer une mise en scène poétique. Les antiquaires de Paul Bert Serpette ont développé cet attrait pour la scénographie, c’est un métier à part entière, mais l’amour de l’objet et l’envie d’aider les particuliers à se projeter stimulent l’âme d’artiste qui sommeille en chacun de nous. Souvent le samedi matin, j’essaie différentes compositions, je teste, je déplace. Je n’achète pas une pièce parce que je la projette dans un décor, au contraire, le défi est de créer le décor avec les coups de cœur accumulés. Je suis pluriel dans mes achats, je ne me projette pas dans un univers précis, j’aime marier les styles.

 

Qu’est ce que Paul Bert Serpette représente pour vous ?

Paul Bert Serpette est le marché de tous les possibles. Composée de marchands, de décorateurs et de particuliers, la clientèle est d’un éclectisme rare. Toucher autant de monde avec des gouts différents et de vrais moyens financiers à disposition est assez unique.

 

Quel a été votre dernier achat coup de cœur ?

Il s’agit d’un tableau d’un peintre français, Achille Cesbron, qui représente des roses blanches peintes de manière extrêmement libre. Il ne s’agit pas d’un panier de fleurs sur un entablement comme nous avons l’habitude de le voir, mais plutôt un morceau de rosier pris sur le vif. La poésie et la liberté qui se dégagent de ce tableau me touchent. Cette œuvre a quelque chose de sincère et d’immédiat, moins construite que d’autres tableaux de l’artiste. Je n’ai malheureusement pas de photo, il vient tout juste de se vendre.