Virginie et Stéphane Baquet, l'art de l'encadrement

Bois doré, noirci, cérusé, laqué… Chez Virginie et Stéphane Baquet, le cadre se décline à l’infini. Ce couple de marchands passionnés saura à coup sûr, trouver l’accord parfait qui habillera dignement l’œuvre à laquelle vous tenez tant. Mais si les cadres ont été créés pour sublimer les œuvres d’art, vous vous rendrez vite compte ici, qu’ils se suffisent parfois à eux même et deviennent objet de contemplation.

Qu’est-ce qui vous a amené à exercer le métier d’antiquaire ?

Virginie : Je suis un peu née dans ce métier car mes parents et grands-parents étaient déjà marchands de mobilier classique XVIIIème.

Stéphane : Quant à moi, j’étais au départ collectionneur, tout comme mon grand-père qui collectionnait les livres et mon père amateur de tableaux. J’ai baigné dans la peinture moderne et contemporaine.

Quand nous nous sommes rencontrés, nous avons démarré notre activité dans la boutique de mes parents rue des Rosiers et très vite, nous avons voulu prendre notre indépendance. C’est ainsi que nous nous sommes installés dans notre premier stand dans l’allée 1 de Paul Bert, en 1992. Nous avons eu plusieurs stands consécutifs, nous sommes ensuite partis dans le Carré Rive Gauche pour finalement revenir à Paul Bert Serpette.

Quelle est votre spécialité ?

Nous présentons des cadres anciens, allant du XVIIème siècle au XXème siècle. Nous sommes très attachés à cette spécialité qui nous passionne.

Le cadre ancien touche une clientèle très sophistiquée, il nous est arrivé d’encadrer des dessins de Picasso ou de Victor Hugo ! Nous travaillons avec beaucoup de galeries et en bonne intelligence, celles-ci nous envoient des clients. Les gens viennent aussi nous voir pour des conseils.

Pour quel type de cadre avez-vous une préférence ?

Nous aimons particulièrement les cadres du XIXème siècle, mais au-delà d’une époque, nous sommes très attirés par les cadres atypiques. Les clients viennent nous voir pour cela, car ils savent qu’ils pourront trouver de la fantaisie.

Travailler en couple, est-ce facile ?

Virginie : Nous avons toujours été sur la même longueur d’onde et nous sommes très complémentaires. Je m’occupe de toute la partie communication, je gère le site internet, Instagram, mais aussi le suivi client. Stéphane quant à lui, s’occupe de tout ce qui touche à la restauration des pièces.

Stéphane : Nous avons chacun notre rôle, mais nous chinons tous les deux, nous sommes de gros travailleurs.

Pour vous, que représente Paul Bert Serpette ?

Nous avons toujours été dans ce marché. C’est un lieu qui est dynamique, les modes et les tendances se font à Paul Bert Serpette et c’est quasiment le seul marché où l’on peut réellement chiner.

Parlez-nous d’une pièce qui vous tient à cœur en ce moment 

Nous présentons en ce moment, un très joli cadre en laque rouge du Japon, qui date de la fin du XIXème siècle. Son décor est très épuré, on peut juste voir un papillon dans l’angle et des bambous. On a l’impression que le décor a traversé le cadre.

Nous aimons cette pièce d’abord pour sa couleur, puis pour sa rareté et pour son aspect zen qui est très intéressant.

C’est un cadre qui peut aller avec tout, que ce soit un dessin moderne, une photo… Une œuvre de Man Ray serait magnifique dedans !