"Musique féminine", Constantin Andréou, 1973
Cette sculpture en laiton doré concentre les thèmes qui traversent l'ensemble de l'œuvre de Constantin Andréou. Si le titre traduit l'intérêt que l'artiste porte à la figure féminine, la forme évoque davantage son travail sur les problématiques des formes et de l'espace.
Andréou démultiplie les plans et les points de vue : l'œuvre s'admire en trois dimensions. En brisant les volumes pleins, il invite l'œil du spectateur à parcourir la complexité intérieure des formes. Trois masses verticales lisses constituent une armature, un cocon, au sein duquel se dévoile un noyau parcouru de fils tendus, de sphères et de courbes. La rigueur des lignes strictes dialogue avec la douceur des courbes, créant une tension subtile qui anime l'ensemble.
Né le 24 mars 1917 à São Paulo de parents grecs, Andréou est un artiste aux origines singulières. Passionné par l'art depuis l'enfance, il commence à sculpter dès 1932, d'abord en autodidacte. Installé en France en 1945, il rencontre Le Corbusier en 1947, avec qui il collabore jusqu'en 1953. C'est dans son atelier qu'il met au point une innovation technique majeure : la technique du laiton soudé, dont il est l'inventeur, au point que César lui-même vient prendre des cours de soudure chez lui.
Au cours de sa carrière, Andréou se confronte à toutes les techniques et à tous les médiums, produisant une œuvre guidée par la sensibilité et revendiquant un art résolument poétique. Il organise pas moins de 80 expositions personnelles et 150 expositions collectives à travers le monde. Il participe à six reprises au Salon d'Automne, dont il est nommé Président pour la sculpture en 1982, et représente la sculpture française aux Biennales d'Anvers (1953) et de Venise (1966). En 1988, il reçoit le grand prix Anton Pevsner pour l'ensemble de son œuvre, et est fait Chevalier de la Légion d'honneur en 2000.
