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Art Nouveau

Courbes voluptueuses et inspirations puisées dans la nature, l’Art Nouveau et ses productions fascinent. International et protéiforme il s’ancre dans un contexte historique passionnant et déploie son langage sur tous les domaines des arts décoratifs…

Contexte historique

L’Art Nouveau puise ses racines dans le mouvement anglais Arts & Crafts, vers 1860. De ce courant artistique est né une volonté de flouter les frontières entre art et artisanat. C’est un art dit total qui déploie son langage dans de multiples domaines, architecture, arts décoratifs, peinture, sculpture…

A Paris, en 1868, la Païva, célèbre courtisane et demi-mondaine du XIXème siècle, fait décorer son appartement avec un mobilier très extravagant qui marquera les prémices de l'Art Nouveau. Dans cet hôtel particulier se déploie un langage que l’on retrouvera par la suite, ornementations inspirées de la nature, présence de sculptures féminines...

A la fin du XIXème siècle, la décoration inspirée de la Renaissance et tintée d'orientalisme est très à la mode. Sarah Bernhardt vivra dans un appartement meublé d'objets orientaux.

En 1875, l’architecte Viollet-le-Duc publie son Dictionnaire de l’Architecture Française et l’on assiste alors au retour des styles du Moyen-Age, réminiscence du passé. D’un point de vue sociétale, la révolution industrielle et son lot de progrès technique, rend possible l’élaboration de nouvelles formes. C’est dans ce contexte artistique et culturel que l’Art Nouveau prend racine.

On date la période Art Nouveau aux alentours de 1884-1904. Ce terme est né suite à l’ouverture de la boutique de Siegfried Bing nommée « Art Nouveau », en 1895. Il y présente les créations de ce nouveau mouvement. En Europe, il porta beaucoup de noms, « Jugendstil » en Allemagne, style « liberty » en Angleterre, style « Tiffany » aux Etats-Unis ou encore style « floréal » en Italie…

En France, Paris et Nancy sont les deux villes centrales de l’expression de ce style. On peut citer à Paris Hector Guimard, entré dans la postérité grâce à ses entrées de métro et Emile Gallé à Nancy, connu principalement pour ses verreries. L’exposition universelle de 1900 portera l’Art Nouveau à son apogée, les plus grands artistes de l’époque y présenteront leurs créations et seront adoubés par la critique.

D’un point de vue formel

Au départ, on qualifiait l’Art Nouveau de « style nouille » en raison de l’utilisation des courbes et des arabesques, prenant le dessus sur la symétrie et les lignes droites.

Les thèmes ornementaux que l’on retrouve peuvent être résumés en trois mots : femme, faune et flore. Remettre la nature au centre de la création artistique, tel est le maître mot de ce courant. C’est une véritable révolution décorative. L’asymétrie est également un critère important, Hector Guimard disait : « La symétrie n’est nullement condition de l’art, comme plusieurs personnes affectent de le croire ; c’est une habitude des yeux, pas autre chose. ».

Au niveau des couleurs utilisées, elles sont douces, plutôt pastel ou même irisées.

La philosophie de l’Art Nouveau

Derrière l’Art Nouveau, l’on trouve de fortes valeurs sociales. Réaliser du beau dans l’utile, relever le niveau d’instruction des artistes et des ouvriers, égalité entre les arts mineurs et les arts majeurs. « Exécuter pour servir et orner pour plaire » disait Emile Gallé. L’art Nouveau c’est également une volonté de faire de l’art pour tous, de l’art pour le peuple. Architecture, mobilier, production d’affiches, l’art est partout.

Cependant, cette volonté d’accessibilité à tous est demeurée une utopie et s’il est avéré que seule la bourgeoisie pouvait en profiter. La première guerre mondiale marquera la fin des inspirations de l’Art Nouveau.