Ça n’est que la troisième en vingt ans de carrière, qu’il voit passer, Pascal Lemoine, une cage à oiseaux époque Louis XV en fer et cuivre repoussé. Une cage de parade, une pièce de château.
Souvent les esprits chagrins n’aiment pas les cages à oiseaux. Au mieux ils vous parlent des petits êtres qui y seraient enfermés, au pire, de Titi et Gros Minet... Ils n’y perçoivent pas que la porte se distingue de l’huis d’une prison par sa fonction d’échange, de lien, de passage. Entre le terrien et l’aérien, entre l’humain et le volatile, entre le proche et le lointain.
Posséder une cage à oiseau lorsqu’on est contemporain de Louis XV, c’est offrir le plus bel écrin à ces nobles représentants chamarrés des nouveaux mondes insulaires et continentaux, qu’il s’agissent de petits canaris ou de fiers perroquets. Celle-ci, proposée par La Maison du Roy rend compte de l’importance que l’aristocratie, qui chez elle ne s’embêtait ni de grives ni de merles, portait à ses pinsons des antipodes.
Amortie sur sa partie supérieure d’une couronne de dauphin, accueillant en son centre les maillons nécessaires à sa suspension, cette cage à oiseau se distingue en outre par sa bordure inférieure symbolisant un jardin avec ses petites colonnes. Son dessous est richement travaillé en repoussé-ciselé, témoignant de la clientèle particulière de cette pièce de dinanderie. L’anneau, en son extrémité inférieure, servait habituellement à y accrocher un nœud de velours rouge. La grille en fer, est en parfait état de fonctionnement, mais on peut tout aussi bien, et si on le souhaite, la laisser toujours ouverte.