À l’occasion de l’exposition « Tous à la ferme » au Bon Marché rive gauche, Paul Bert Serpette déploie une vision de la ruralité résolument ancrée dans le regard des chineurs. Sous l’œil affûté de Gilbert Kann, en dialogue avec le Bon Marché, une sélection s’est extraite parmi les trésors de plus de 350 marchands, comme on cueille, au fil des saisons, ce que la terre a de plus juste à offrir.
Ainsi la matière rythme la chine :
La céramique, silhouettes ventrues ou primitives, parfois trouées de lumière, parfois marquées d’un geste presque tellurique ou bien ornées de motifs floraux. Lampes, vases, coupes, terrines, pichet zoomorphe… Des signatures : des tables de Roger Capron, des services d’Albert Thiry, de Christine Robert, d’Huguette Bessonne, de Robert Picault des miroirs de Mithé Espelt…
L’osier, le bambou, le rotin, tressé serré ou plus libre, façonnant paniers, chaises… Leur présence raconte la ferme comme un lieu organisé par le geste quotidien.
Le Bois, patiné, ciré, lignes sobres, oscillant entre brutalisme, art populaire et Arts & Craft, mobilier né de la nécessité plus que du dessin. Coupes, bancs, bols, ensemble de Guillerme Chambron, Tabourets de Marcel Gascoin, une penderie en pin massif de le Sécession Viennoise, une banquette unique en bois de châtaignier de Lou Fagotin, des chaises d’Olavi Hänninen…
Et, voltigeant parmi ces matières, le bestiaire. Coqs vigilants, formes animales glissées dans une poignée, un bec, un relief. Ces figures ne sont pas décoratives : elles veillent, observent, habitent les objets.


