STATUETTE ANTHROPOMORPHE appelée Nzambi
Culture Holo, République démocratique de Congo et Nord de l'Angola
Vers 1900
Bois
H. : 29,5 ; L. : 18,5 cm
(restauration indigène et léger écaillement du bois au revers)
Cette statuette hermaphrodite en bois monoxyle se tient debout dans un encadrement architecturé, ses mains reposant sur les montants de la structure angulaire tandis que ses pieds, confondus dans le segment inférieur, soutiennent des jambes courtes, légèrement fléchies et individualisées l’une de l’autre.
Son visage est effilé sur le menton, marqué par deux yeux en grains de café et deux petites oreilles en C. De ses importantes épaules naissent des doigts largement incisés, son buste, au nombril saillant, est orné de scarifications corporelles en X et en damier.
Selon Albert Maesen, docteur en histoire de l’art et archéologie et ancien conservateur du Musée du Congo belge, ces statuettes renverraient aux crucifix chrétiens.
En effet, dès le XVème siècle, c’est au contact des européens, que l’iconographie chrétienne s’introduit en Afrique centrale, par le biais notamment de crucifix et de représentations de saints et de Vierge. Ces statuettes encadrées semblent vraisemblablement apparaître au XVIIème siècle lors de la seconde phase de la christianisation du royaume par les missionnaires capucins, arrivés sur le territoire en 1645.
Tout comme la représentation du Christ en croix, ces panneaux sacrés sont comme investis d’une fonction protectrice, comparable à celle d’une amulette. Aussi, étaient-ils conservés dans des maisons appelées nzo santu, dans le cadre du culte rendu à Nzambi.
Dans la tradition religieuse kongo, Nzambi est le Dieu suprême, créateur de l'univers et est considéré comme l'origine de toute vie et de toute puissance spirituelle.
Trois étiquettes sont visibles au dos :
- Étiquette manuscrite de Klejman indiquant le lieu, le groupe et la date
- Étiquette d'inventaire Perls Galleries accompagnée de son numéro « 11343 ».
- Étiquette Wellesley College Museum mentionnant son exposition en novembre 1972.
Provenances :
- Ancienne collection John J. Klejman, New York, Perls Galleries (inv. n°11343)
- Ancienne collection privée américaine.
Référence bibliographique : Francois Neyt, L’Art Holo du Haut-Kwango, Munich, Fred Jahn, 1982.
Texte et photos © FCP CORIDON